Le Private Equity désigne une activité d’investissement dans des sociétés non cotées en Bourse dans le but de réaliser une plus-value à moyen terme. Initialement réservé à une clientèle institutionnelle ou fortunée, le Private Equity tend à se démocratiser ces dernières années, offrant ainsi au particulier une nouvelle possibilité de s’emparer de cette classe d’actif et de l’intégrer dans une stratégie d’épargne, de retraite et de capitalisation.
Le private equity, une brique essentielle dans l’allocation des contrats
Pendant longtemps, le Private Equity était réservé aux plus fortunés et à une clientèle institutionnelle, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord car les sous-jacents impliquent d’être engagés sur un temps long avant d’obtenir une liquidité. Ensuite, les tickets d’entrée étaient très élevés pour accéder à un fonds d’investissement classique. Le Private Equity s’étant démocratisé, c’est maintenant à nous, professionnels du conseil, de jouer un rôle auprès des particuliers et ce, quel que soit leur ni- veau de patrimoine. Il faut les conseiller dans la diversification à opérer entre les classes de Private Equity : capital risque, capital développement, capital transmission ou LBO. En investissant dans des PME (petites et moyennes entreprises) ou des ETI (entre- prises de taille intermédiaire), les inves- tisseurs peuvent participer activement au développement de l’économie réelle tout en diversifiant leur portefeuille.
L’investissement en Private Equity permet de diversifier votre portefeuille. En effet, il est essentiel de ne pas concentrer tous ses placements sur un seul type d’actif, et le Private Equity offre l’opportunité d’accéder à un marché non coté, distinct des autres produits financiers tradition- nels, tels que les fonds actions ou les ETF. En investissant dans des PME ou des ETI, les investisseurs peuvent participer activement au développement de l’économie réelle tout en diversifiant leur portefeuille.
Un actif performant ?
Longtemps resté confidentiel en France, le Private Equity connaît un essor très important depuis quelques années avec une offre qui s’est largement étoffée. Désormais, les épargnants privés ont accès à une multiplication des offres de la part des grands assureurs français et luxembourgeois et des performances très significatives décorrélées des marchés financiers cotés, le Private Equity est en train de devenir une classe d’actifs à part entière en France.
Contrairement aux marchés financiers classiques, le marché du Private Equity n’est pas coté en Bourse et n’est pas soumis aux fluctuations journalières. Cela signifie que cet investissement est décorrélé des variations des marchés cotés, offrant ainsi une meilleure protec- tion en cas de volatilité sur les marchés financiers traditionnels. Le capital-inves- tissement s’établit bien au-delà de l’in- flation sur une longue période et a été la classe d’actifs la plus compétitive. Les épargnants américains sont très investis dans leurs portefeuilles en Private Equity. Un long chemin de pédagogie et de for- mation reste encore à parcourir pour le plus grand nombre, contrairement aux Américains qui sont déjà très investis sur ce support. En effet, l’Hexagone, et plus largement l’Europe, demeure derrière le champion de la spécialité. Les États-Unis restent la terre du Private Equity. Entre 2005 et 2020, les fonds du top quartile du capital-investissement américain ont enregistré un rendement de 410 points de base supérieur au top européen.
Une tendance qui se poursuit...
Cette tendance se poursuit avec la loi Industrie verte qui met le Private Equity à contribution. Promulguée en octobre 2023 et entrée en vigueur en octobre 2024, la loi dite Industrie verte a pour objectif affiché de "faire de la France la première nation européenne de l’industrie verte". Elle ambitionne de mobiliser 67 milliards d’euros d’ici à 2030 pour réindustrialiser la France et axer sa production sur la transi- tion écologique, via le soutien de secteurs clés comme les énergies renouvelables et l’agriculture durable.
Elle réoriente l’épargne des particuliers vers des actifs non cotés pour financer la transition écologique et soutenir les entreprises françaises.
Dans le détail, cette obligation concerne uniquement les contrats d’assurance-vie et les plans d’épargne retraite (PER) souscrits en gestion pilotée, et seulement pour des profils dits "équilibrés" ou "dynamiques". L’assureur sélectionne les supports d’investissement adéquats en fonction du profil de l’investisseur et des caractéristiques du client (âge, situation professionnelle et patrimoniale, aversion au risque…), de leurs objectifs financiers et de leur horizon de placement.
Quels risques ?
Parler de rendement ne va pas sans évo- quer son corollaire, le risque : celui-ci dépend des sociétés sélectionnées par le fonds d’investissement et du rôle joué par ce dernier dans la restructuration de ces entreprises. Le rendement cible annoncé n’est jamais garanti, puisque la plus-value ou la moins-value réalisée dépendra de l’état de santé de l’entre- prise et de la conjoncture économique au moment de la cession.
L’une des solutions visant à se prévaloir du risque est d’investir dans plusieurs sociétés de manière à ce que les éven- tuelles difficultés de certaines soient compensées par le succès des autres. Bien entendu la qualité du fonds changera la donne, la bonne santé des entreprises dépendant de sa capacité à les transformer ou à les faire évoluer pour les rendre les plus performantes possible. Outre le secteur d’activité, l’attention est aussi portée sur la per- formance et l’attrait de ces produits, la gouvernance, le marketing, etc. L’analyse de la situation financière (structure de bilan, types d’actifs, le- vier financier) est également centrale et permet une appréciation structurée de la rentabilité et des risques.
Le choix d’un fonds de qualité s’avère donc essentiel pour se proté- ger des aléas.
Investir du private equity dans son PER
La durée longue de placement induite par le PER donne l’opportunité de choisir des investissements long terme, moins liquides, et d’associer différentes classes d’actifs qui offrent un rende- ment attractif et complémentaire. Le Private Equity est un investissement qui s’effectue sur un temps relative- ment long pour que les entreprises cibles aient le temps de se développer et de produire des résultats, au mini- mum cinq à dix ans selon la stratégie retenue. L’assuré bénéficie de la pos- sibilité d’arbitrer vers une autre classe d’actifs ou de racheter à tout moment son investissement si besoin, hypothèse rassurante dans certains cas. Cet enga- gement sur le long terme est récompen- sé par un rendement plus avantageux que d’autres classes d’actifs.
Ainsi, outre les aspects fiscaux et patrimoniaux, le PER peut donc être vu comme un contrat plus dynamique. C’est une option qui peut être propo- sée au sein d’une stratégie globale de diversification, en admettant que le reste de l’épargne soit placé sur des actifs plus sécurisés.
Mais le blocage des sommes n’est pas nécessairement une contrainte. Une alternative intéressante liée à cette immo- bilisation des fonds est de l’associer à la perspective long terme nécessaire pour faire fructifier une épargne destinée à une retraite et envisagée sur une période de sept à dix ans, ou plus. En ce sens, le nouveau plan d’épargne retraite modifié par la loi Pacte de 2019 est un outil idéal étant donné que le déblocage du contrat intervient à partir de la retraite.
Sur l'auteure
Mathilde Reverberi développe au sein d’Allure Finance la gestion privée, l’ingénierie patrimoniale, les placements financiers pour les clients privés et les entreprises.