Dans un secteur financier en constante évolution, les CGP doivent sans cesse adapter leurs pratiques face aux nouvelles tendances et aux innovations technologiques. Sandrine Genet, PDG de Carat Capital et coprésidente de la commission innovation/fintech de la CNCGP, revient sur les enjeux et les initiatives mises en place pour aider les conseils à mieux appréhender les cryptoactifs.
Sandrine Genet (Carat Capital) : "Notre objectif n’était pas de promouvoir les cryptos mais de permettre une meilleure compréhension du sujet"
Décideurs. Quelle est votre mission au sein de la Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine (CNCGP) ?
Sandrine Genet. Vincent Couroyer et moi-même coprésidons la commission innovation/fintech et sommes membres du conseil d’administration de la CNCGP. Notre rôle est d’informer et d’accompagner les CGP face aux évolutions technologiques et réglementaires. Nous avons adopté une approche prospective en sélectionnant chaque année un thème central. En 2024, nous avons travaillé sur l’intelligence artificielle et, l’année précédente, sur les cryptoactifs.
Pourquoi avoir choisi les cryptoactifs comme thème en 2023 ?
Les cryptoactifs étaient déjà une réalité pour les adhérents de la chambre en 2023, et une part croissante des Français investissait dans ces actifs. Il nous semblait donc important que les CGP montent en compétence sur ce sujet. Notre objectif n’était pas de promouvoir les cryptos mais de permettre une meilleure compréhension du sujet, afin que les conseillers puissent accompagner leurs clients.
Comment ces formations ont-elles été reçues ?
Sur la première formation, nous avons enregistré 335 inscrits, et 250 pour la seconde. Cela montre à quel point les CGP ont perçu la nécessité de mieux comprendre cet univers. Par ailleurs, nous avons intégré le thème des cryptos dans notre concours annuel destiné aux étudiants en master, et nous avons constaté nettement plus de participations que lors des éditions précédentes.
Quelle est aujourd’hui la réglementation concernant ces actifs ?
L’arrivée du règlement MiCA représente un tournant, car il permet une meilleure régulation du marché et offre un cadre plus sécurisant, tant pour les investisseurs que pour les professionnels. Cette institutionnalisation des cryptoactifs s’observe également avec le développement d’ETF Bitcoin et le travail sur l’euro numérique que mène la BCE.
Les Français étaient 10 % à avoir investi dans les cryptos en 2022, contre 20 % aujourd’hui. Comment expliquez-vous cette croissance, malgré les risques associés à ces actifs ?
Si certains investisseurs sont attirés par les promesses de rendements, il est essentiel qu’ils comprennent les risques de volatilité. C’est un investissement qui peut être envisagé pour diversifier une allocation globale.
S’il n’y avait qu’un seul conseil à retenir pour les conseillers, lequel serait-il ?
Les épargnants investissent déjà sur les cryptoactifs. Donc, qu’ils souhaitent ou non conseiller leurs clients sur ces actifs, les CGP doivent au minimum maîtriser les bases afin d’accompagner leur clientèle, ou au moins de pouvoir l’orienter vers des spécialistes. Nous avons rencontré de nombreux acteurs du secteur et constaté un haut niveau de professionnalisme parmi ceux-ci. Comme dans tous les domaines d’investissement, il est essentiel pour un CGP de bien s’entourer et de travailler avec des partenaires de confiance.
Propos recueillis par Marine Fleury