Longtemps perçues comme un marché réservé aux investisseurs avertis, les cryptomonnaies suscitent aujourd’hui l’intérêt d’un public bien plus large. De ce fait, les conseils se doivent de s’y former, afin d’apporter accompagnement et éducation aux épargnants prêts à se jeter dans le bain. Entretien avec Philippe Moussaud, managing partner chez Bonjour Patrimoine. 

Décideurs. Quel intérêt vos clients portent-ils aux cryptomonnaies ?

Philippe Moussaud. Nos clients ont toujours manifesté un intérêt pour les cryptoactifs, soit en s’initiant seul, soit en nous interrogeant sur la possibilité de proposer une offre qui y soit consacrée. Toutefois, une partie de notre clientèle reste réfractaire à cette classe d’actifs. De notre côté, cela fait maintenant deux ans que nous nous sommes positionnés sur ce segment, grâce à des partenariats avec des acteurs spécialisés.

Qui sont ces partenaires ?

Nous avons commencé à travailler avec CoinHouse et avons ensuite intensifié notre collaboration avec AlphaCap Digital Asset, filiale de Mata Capital. Leur approche est intéressante, car elle applique les standards de la finance traditionnelle aux cryptomonnaies. De plus, leurs mandats de gestion sont accessibles dès 10 000 euros et peuvent atteindre 250 000 euros, ce qui permet à nos clients d’y accéder avec un encadrement structuré.

Existe-t-il un profil type parmi les investisseurs ?

J’ai récemment rencontré un client de 92 ans qui était intéressé par les cryptos ! Je dirais qu’il n’y a pas de tendance qui se dégage sur l’âge ou la génération de l’épargnant. En revanche, les profils les plus prudents sont généralement moins enclins à investir. Ce sont souvent des investisseurs dynamiques, entrepreneurs et curieux qui se positionnent sur ce type d’actifs.

Comment gérez-vous la volatilité de cette classe d’actifs ?

Nous structurons les portefeuilles de nos clients dans une optique de long terme. La volatilité à court terme n’est pas un enjeu majeur pour nous, car nous conseillons de ne pas suivre les fluctuations quotidiennes. L’investissement dans les cryptoactifs doit être considéré sur le long terme, sur des périodes de cinq à dix ans.

La réglementation s’est-elle renforcée ces dernières années ?

La création du statut de Prestataire de services sur actifs numériques – PSAN – a permis d’encadrer les professionnels du secteur. Aujourd’hui, seules les entreprises agréées peuvent proposer des solutions à leurs clients, ce qui apporte une meilleure protection et transparence.

Quel conseil donneriez-vous à un client avant d’investir en crypto ?

Il faut s’y intéresser sans attendre ! En tant que conseillers en gestion de patrimoine, nous avons la responsabilité d’intégrer cette classe d’actifs dans notre approche globale, simplement car l’un de nos rôles est d’éduquer nos clients aux nouvelles donnes financières, afin de les accompagner dans une diversification adaptée à leurs objectifs patrimoniaux.

Propos recueillis par Marine Fleury