Les produits structurés attirent de plus en plus d’investisseurs à la recherche de rendement maîtrisé. Flexibles, sur mesure et sûrs, ils s’imposent dans une allocation patrimoniale bien construite. Aude Plus-Valard, associée chez Aramis Finance, revient sur les bonnes pratiques à adopter.
Aude Plus-Valard (Aramis Finance) : "Les produits structurés nécessitent un accompagnement de qualité"
Décideurs. La volatilité des marchés rend-elle les produits structurés plus pertinents ?
Aude Plus-Valard. La volatilité est un terreau favorable pour ce type d’instruments, car ils permettent de renforcer la résilience des portefeuilles en offrant un couple rendement/risque peu corrélé aux marchés traditionnels. J’identifie trois bénéfices : la réduction du risque de baisse, l’optimisation des revenus et la capacité à rester investi même en période de turbulences. Par exemple, les produits à barrière statique offrent une couverture partielle jusqu’à -15 ou -20 % sur des indices comme le S&P 500, ce qui est rassurant dans un objectif patrimonial.
Ces produits sont-ils destinés à tous les profils d’investisseurs ?
Ils sont très utiles pour les clients ayant besoin de flux réguliers, notamment dans le cadre de remboursements de crédit ou d’une stratégie de revenus complémentaires. Les produits à coupon distribué permettent une meilleure visibilité sur la performance, tout en rassurant les clients sur le rendement prévisionnel. Ils deviennent une vraie option alternative au monétaire lorsque l’environnement de marché devient anxiogène. Bien conçus, ils peuvent convenir à des profils très prudents comme à des investisseurs dynamiques. Le marché permet aujourd’hui d’en structurer sur mesure, avec différents niveaux de risque et d’exposition.
Quels sont les critères pour concevoir un produit structuré sur mesure ?
Le profil de risque, les objectifs patrimoniaux, le besoin ou non de revenus réguliers et surtout, l’horizon de placement. La garantie en capital ne joue qu’à l’échéance : si le client sort avant, il peut subir une perte. Il est donc nécessaire de bien caler la durée du produit avec les projets du client. Il est également envisageable de travailler avec des brokers sur des sous-jacents obligataires ou actions alignés avec les valeurs du client de type ISR. Cependant, plus les critères sont spécifiques, plus la performance du produit peut être affectée.
Peuvent-ils loger dans toutes les enveloppes fiscales ?
En théorie oui, mais en pratique, il faut se montrer vigilant. Par exemple, en assurance-vie, c’est l’assureur qui fixe les conditions d’éligibilité des unités de compte. Il faut donc s’assurer en amont que le produit sera référencé. C’est encore plus délicat pour le PEA, car très peu de produits structurés répondent aux critères d’éligibilité. En revanche, les contrats de capitalisation sont souvent adaptés.
Quels sont les écueils à éviter ?
Le premier point de vigilance porte sur la qualité de l’émetteur. Un défaut d’une banque émettrice expose le client au risque obligataire. Ensuite, il faut bien gérer les frais de structuration et s’assurer de la fiscalité selon l’enveloppe. Enfin, attention à la liquidité : sortir avant l’échéance peut coûter cher.
Un conseil à donner à un investisseur ?
Ne jamais investir sans comprendre. C’est une classe d’actifs complexe qui nécessite un accompagnement de qualité. Un bon conseiller saura déchiffrer les caractéristiques du produit et l’insérer intelligemment dans une allocation globale. De notre côté, nous restons prudents, en n’allouant jamais plus de 15 % de l’allocation dans les structurés, afin de préserver la flexibilité du portefeuille.
Propos recueillis par Marine Fleury