Les produits structurés ont toute leur place dans une allocation patrimoniale diversifiée, surtout en période de volatilité. Encore faut-il les sélectionner attentivement avec un professionnel. Entretien avec Thaïs Castang, associée chez L&A Finance.

Décideurs. Pourquoi est-ce pertinent aujourd’hui d’intégrer des produits structurés dans les portefeuilles ?

Thaïs Castang. La volatilité, bien que perçue comme un risque, est en réalité un levier de performance pour les produits structurés. Même lorsque les marchés restent globalement stables, ou connaissent des phases de baisse, ces produits peuvent continuer à générer du rendement. C’est rassurant pour les investisseurs, notamment parce qu’ils permettent de limiter les moins-values sur le capital investi.

Quelle est la différence entre produits à capital garanti et à capital protégé ?

Les produits à capital garanti assurent que l’investisseur récupérera son capital à échéance, tout en générant une rentabilité généralement modérée. En revanche, les produits à capital protégé ne garantissent pas intégralement le capital, mais offrent une espérance de rendement plus élevée. Le choix d’un produit structuré assure l’équilibre entre sécurité et performance. Par exemple, dans notre dernière campagne, un produit à capital garanti proposait 6 % de rendement annuel, contre 10 % pour un produit sans protection de capital.

Ces produits peuvent-ils être considérés comme une option alternative aux fonds en euros ?

Le terme « alternative » est approprié, mais il faut distinguer les garanties. Un fonds en euros propose une garantie en capital permanente, tandis que les produits structurés s’appuient sur une barrière de protection. En revanche, face à une rentabilité moyenne de 1,5 % pour les fonds en euros – après prélèvements sociaux –, les produits structurés sont attractifs pour des investisseurs acceptant un horizon d’investissement plus long et une tolérance au risque maîtrisée.

Les rendements sont-ils versés régulièrement ?

Les dates de constatation peuvent être annuelles, semestrielles ou trimestrielles, et conditionnent la périodicité des coupons. Plus un produit est sécurisé, plus les échéances sont espacées. Un produit à capital garanti, par exemple, aura des dates de constatation annuelles et une durée d’investissement maximale pouvant aller jusqu’à douze ans.

Les investisseurs touchent-ils les coupons même si le marché chute ?

Oui, à condition que l’évolution de l’indice reste dans la zone de tolérance définie dans le scénario initial. Si cette condition est respectée, les coupons continuent à être versés. Il est important de rappeler que la stratégie optimale est de conserver le produit jusqu’à sa maturité pour bénéficier de tous les avantages prévus.

Malgré ces atouts, certains conseillers restent prudents…

Tous les produits structurés ne se valent pas. L’engouement du marché peut engendrer des dérives et une baisse de qualité de l’offre. C’est pourquoi il faut être très sélectif. Le recours à un professionnel est vivement recommandé pour identifier les émetteurs sérieux.

Propos recueillis par Marine Fleury