IA & blockchain : quand le code se met au service de la santé
IA : quand le logiciel accélère la médecine
Veeva, l’IA au service de la productivité dans la pharma
Veeva s’impose comme un acteur clé des sciences de la vie, dont les plateformes cloud (Vault CRM, Vault Safety ou Crossix), renforcées par l’IA permettent d’automatiser et d’optimiser des processus critiques tout au long du cycle de vie des médicaments, générant des gains de productivité mesurables : réduction de 30 à 50 % du temps pour la classification de documents et le nettoyage des données, rédaction assistée de rapports de visite ou baisse des dépenses marketing de 15 %. Ainsi, combiner expertise sectorielle, conformité et automatisation intelligente, permet aux principaux acteurs pharmaceutiques d’accélérer les délais de mise sur le marché tout en réduisant les coûts et les risques.
Siemens healthineers et l’imagerie assistée par IA
Dans l’imagerie, Siemens Healthineers équipe chaque scanner ou IRM d’un " copilote " : la suite AI-Rad Companion propose en quelques secondes des mesures automatiques (volume pulmonaire, calcifications coronaires, score de fracture vertébrale), libérant jusqu’à un tiers du temps de lecture radiologique.
L’étape suivante est déjà en test : un modèle génératif propose des rapports cliquables synchronisés avec les images, offrant une sorte de " jumeau numérique " de l’examen. Par ailleurs, la fonction syngo Virtual Cockpit permet à un praticien de piloter à distance plusieurs IRM augmentant de 30 % la capacité de certains centres sans personnel supplémentaire.
IQVIA : l’IA comme GPS et copilote des essais cliniques
IQVIA exploite la plus grande base de données de santé commerciale au monde pour guider chaque étape d’un essai : son moteur de « site identification », par l’apprentissage automatique et les données de vie réelle, cible les hôpitaux capables de recruter vite et de livrer des données de qualité.
Une fois le protocole lancé, la plateforme Orchestrated Clinical Trials suit en direct les flux de patients et signale les déviations avant qu’elles ne nécessitent un audit, tout en alertant sur les risques de retard ou de sécurité. Les équipes peuvent même converser en langage naturel avec la IQVIA AI Assistant qui renvoie des graphiques et des explications en quelques secondes, sans requête SQL ni tableur intermédiaire. Résultat : essais optimisés, décisions anticipées et gain de temps significatif entre le premier patient et la lecture finale.
Tempus AI & Recursion Pharma, les pure-players de l’IA dans la santé
Plus spéculatives mais riches d’enseignements, ces deux " pure-players " poussent le curseur vers la biologie numérique. Tempus convertit chaque tumeur en dossier multimodal interrogeable par son LLM clinique ; Recursion applique la puissance de calcul qui cartographiait ses bibliothèques de composés à la ClinTech, simulant virtuellement un essai avant de l’ouvrir.
Blockchain : le passeport infalsifiable du médicament… et des données
IBM et la traçabilité des médicaments
Dans la chaîne d’approvisionnement, chaque boîte de médicament de Merck&Co reçoit désormais un « passeport » numérique inscrit sur Hyperledger Fabric, l’infrastructure blockchain gérée par IBM.
À chaque étape de la chaîne logistique (grossiste, distributeur, pharmacie), un scan ajoute une ligne infalsifiable. En cas de rappel, un simple drapeau " Recall " alerte tous les détenteurs en moins de dix secondes – contre plusieurs jours auparavant – et bloque la délivrance des unités concernées. Ce système réduit les risques pour les patients, évite la destruction de lots entiers et coupe l’herbe sous le pied des contrefacteurs. Pour IBM, chaque scan est un événement facturé : plus le réseau s’étend, plus le modèle ressemble à une redevance d’infrastructure.
Avaneer Health : le " fil bus " qui simplifie enfin la paperasse médicale
Fondé en 2020 par un consortium où l’on retrouve Aetna/CVS Health et Elevance Health, Avaneer se présente comme un réseau peer-topeer bâti sur blockchain + FHIR " Fast Healthcare Interoperability Resources " : chaque membre (payeurs, hôpitaux, laboratoires) garde ses données chez lui mais les rend interrogeables par des contrats d’accès chiffrés sans base centrale ni duplicata à synchroniser limitant les risques de fuite.
Premier cas d’usage lancé en 2024, Coverage Direct renvoie en temps réel la couverture d’assurance d’un patient quelques millisecondes après l’admission ; fini les allers-retours via le " Electronic Data Interchange " (EDI) ou les appels manuels. Selon le pilote mené chez Cleveland Clinic, cela économise de 3,35 $ à 5,75 $ par dossier côté hôpital (moins de vérifications, moins de rejets) et jusqu’à 1,65 $ pour l’assureur (adjudication plus fluide, baisse des volumes au call-center).
CVS Health y voit un moyen de fiabiliser la facturation de MinuteClinic et, demain, brancher les 45 millions de membres Aetna sans repasser par les réseaux EDI historiques. Elevance Health, via sa filiale Carelon, voit dans Avaneer un moyen d’accélérer ses offres " whole-health " : en vérifiant la couverture avant même la prise de rendez-vous, elle pousse automatiquement la prévention (nutrition, télésurveillance…) aux bons patients. Résultat : meilleure expérience, Net Promoter Score plus élevé, coûts administratifs en baisse. Il existe désormais un module d’adjudication en temps réel : au lieu de patienter 30 jours, un hôpital saura en quelques secondes le montant qui lui sera payé. Pour CVS et Elevance, chaque transaction gagnée au " temps réel " représente un besoin en fonds de roulement réduit ; pour Avaneer, c’est autant d’événements facturés.
Chronique rédigée par : Olivier de Royère, Sylvain Goyon et Valentin François