Banque du marché de l’art, des professionnels comme des collectionneurs, Neuflize OBC s’engage auprès des institutions culturelles, mais aussi aux côtés du comité professionnel des galeries d’art (CPGA) et du syndicat des négociants en art (SNA). Son ambition ? Accompagner avec expertise, discrétion et passion, ceux qui font vivre l’art.

Décideurs. Lorsque nous abordons les actifs passion, l’art ressort naturellement en premier. Pourriez-vous nous parler de la place de cet actif au sein de la banque ?

Thomas Quiniou. Chez Neuflize OBC, l’art fait partie de notre ADN. La banque est l’héritière d’institutions privées familiales protestantes datant du XVIIᵉ siècle, dont les fondateurs étaient collectionneurs et philanthropes. Cette culture a traversé les siècles et, depuis une trentaine d’années, nous avons structuré une offre positionnant la maison comme la banque de référence pour les collectionneurs et les acteurs du marché de l’art.

En qualité de banquier spécialisé dans l’art, quel est votre rôle ? Sur quelles problématiques accompagnez-vous vos clients ?

Notre premier rôle est de comprendre en profondeur l’écosystème : les cycles économiques des galeries, des maisons de ventes, des musées, des artistes contemporains, les tendances internationales, les foires, les cotes, etc. C’est un marché qui demande une forte présence sur le terrain. Nous gérons également toutes les transactions liées à l’art, nationales et internationales, dans différentes devises, grâce à notre salle des marchés interne. Nous intervenons sur les opérations de financement, notamment l’acquisition d’œuvres d’art, et acceptons les œuvres d’art en garanties de financements, avec dépossession au sein de notre salle forte ou bien dans des lieux de stockages externes sécurisés, mais aussi sans dépossession pour les professionnels. Enfin, avec nos ingénieurs patrimoniaux, nous accompagnons les clients sur les enjeux juridiques, fiscaux et successoraux, liés à la détention d’un patrimoine artistique.

La passion est-elle toujours le premier moteur d’investissement ?

Oui, clairement. Dans la réalité, aucun investissement artistique n’est purement rationnel. Il y a toujours une sensibilité, une curiosité, un attachement à des artistes. Si les œuvres d’art sont soumises à une fiscalité spécifique, la passion, le soutien à la création et aux acteurs culturels français, constituent indéniablement le premier moteur.

Est-ce un actif risqué ?

L’art n’est pas un actif liquide. Les ventes dépendent d’un calendrier précis, du « market timing », de la présence des collectionneurs, de la cote des artistes, et du contexte international. En période d’instabilité, nous revenons souvent aux fondamentaux, notamment l’art impressionniste et moderne, au détriment de la création artistique contemporaine.

Dans le cadre d’une transmission, les actifs artistiques font-ils l’objet d’un accompagnement particulier ?

Lorsqu’une famille hérite d’un patrimoine artistique important, un accompagnement spécifique est indispensable. Nous intervenons notamment, lors de donations ou de successions, sur les questions d’inventaires, de financements des droits, de démembrements de propriétés, ou encore de dations en paiements à l’État ou bien aux musées. Les valorisations pouvant être très élevées, l’anticipation est primordiale.

Existe-t-il des dispositifs spécifiques afin d’encadrer leur transmission ?

Un schéma fréquent consiste à réaliser une donation en démembrement de propriété au sein d’une famille, financée par la banque, en relais de la vente d’une œuvre d’art majeure. Ici, notre rôle consiste à laisser du temps à nos clients, afin d’éviter que la famille soit contrainte de vendre des œuvres d’art rapidement et au mauvais prix. Nous intervenons également lors de successions patrimoniales complexes, par exemple en finançant les droits préalablement à la vente aux enchères d’une collection.

Propos recueillis par Marine Fleury