Nombreux sont les sujets qui animent Joséphine Loréal, et sa carrière ne fait pas exception. Grace à son audace, son gout de l’effort ou encore son intuition, elle navigue entre les grands noms de la gestion, jusqu’à prendre la direction générale de l’activité Private Wealth de Montefiore Investment le 2 juin.
Joséphine Loréal, la femme qui murmure à l’oreille des fonds
Joséphine Loréal ne fait rien comme les autres et encore moins comme sa famille. Bercée dans un environnement d’intellectuels, et de créatifs, presque anticonformistes, elle décide d’aller à contre-courant de son éducation. Elle se lance alors dans des études d’économie à Assas, avant de rejoindre les bancs de Dauphine et se spécialiser dans le secteur banque, finance et assurance. Si son cercle familial ne comprend pas toujours ce qui la motive, elle est pourtant très claire lorsque Décideurs lui pose la question. "Je suis fascinée par la matière, les grands concepts économiques, la géopolitique, la macro et la micro-économie. La finance aborde toutes ces notions. Cela me passionne."
Des débuts remarqués
Curieuse et déterminée, elle enchaîne les stages, de la salle de marchés à la banque privée, jusqu’à atterrir à la société de gestion de la Caisse des Dépôts (Natixis), cette fois-ci au sein d’un nouveau département, l’équipe Distribution, segment encore peu exploité à l’époque. Elle y fait ses armes pendant plus de trois ans, décortiquant chaque classe d’actifs et réseau de distribution. C’est alors qu’Edmond de Rothschild Asset Management, faisant confiance aux convictions de Joséphine Loréal en matière de Distribution, lui propose de les rejoindre. Sous son égide, le département Banque passe de 300M€ en 2006, à plus de 6Mds€. Douze années durant, elle gravit les échelons, notamment celui d’intégrer le comité de direction à seulement 27 ans.
"J’ai la folie de penser que nous pouvons tout réussir, et en même temps. Ma vie professionnelle, ma vie de femme mais également ma vie de mère. Je ne veux renoncer à rien !"
Elle quitte la société de gestion en 2018 pour rejoindre Candriam à la tête de la Distribution en France. Mais "trop flamboyante" selon l’entreprise, elle les quittera en raison de divergences de vues et d’approches, l’occasion pour elle de prendre du recul et saisir les tendances émergentes dans le monde de l’investissement. Une expérience qui l’amène à se demander ce vers quoi elle souhaite s’orienter, pour être parfaitement alignée.
L’avènement du private equity
2019. La démocratisation du non coté est en marche, la Loi Pacte ouvre l’accès de cette classe d’actifs aux clients privés. Joséphine Loréal écoute le marché et comprend que le private equity réuni de très nombreux atouts et répond aux besoins des clients. Toutes les planètes sont alignées ! Elle décide alors de toquer à la porte des grands fonds de PE, pour participer à ce mouvement qui n’a pas encore vraiment démarré. Jusqu’à tomber sur Apax Partners (Seven2). Peu convaincue par son discours de prime abord, la société joue néanmoins la carte de l’audace et de l’innovation et décide de lancer une offre dédiée sous l’impulsion de Joséphine Loréal. Pari gagnant : le fonds fait un carton. Encore une fois, la vision de cette femme de convictions se confirme.
Avide de nouveaux challenges et admirative des talents qu’Astorg abrite, Joséphine Loréal intègre la société pour développer le segment du private wealth auprès de Jean Raby, figure emblématique de la finance. Un défi qu’elle relève avec brio.
Mais la rencontre avec Eric Bismuth, président fondateur de Montefiore Investment, change alors la donne. En juin 2025, elle se verra confier un nouveau projet, « son bébé », en plus de ses deux enfants : créer le département Private Wealth, en constituant une offre et une équipe, avec une feuille de route claire et ambitieuse pour développer cette nouvelle activité, en qualité de directrice générale de ce département.
Ce qu’elle retient de ses expériences, ce sont avant tout les femmes et hommes qu’elle a côtoyés. Un mélange de stimulation intellectuelle, de curiosité et de personnalités fortes qui l’ont amenée à sortir de sa zone de confort et à toujours se dépasser. Une force qu’elle tire avant tout de sa famille, et notamment de son père, qui se laisse parfois impressionner par la femme brillante qu’elle est devenue.
Marine Fleury