À l’ombre du parc Monceau, Yacine Kadri peaufine son dernier projet en date, construit à contre-courant. À 32 ans, le fondateur du family office L.Y.N.Q incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs, mêlant agilité, exigence et résilience.

Le ton est assuré, les idées sont claires. Et, derrière une carrière qui n’en est qu’à ses débuts, se cache une trajectoire riche de rencontres et de virages décisifs. Bac en poche, Yacine Kadri s’oriente vers le droit à l’Université Panthéon-Assas. Très vite, il intègre le parcours des sportifs de haut niveau, section rugby, sport qu’il pratique pendant 17 ans. Une passion avec laquelle il se voit contraint de prendre ses distances à la suite de plusieurs blessures, troquant les crampons contre les gants de boxe.

Du droit au patrimoine

En 2013, le parcours du jeune étudiant connaît son premier tournant lorsqu’il fait la rencontre de Pascal Wilhelm, qui le prend sous son aile et le forme au métier d’avocat. L’année suivante, il rencontre Jean-Claude Darmon, icône du business sportif, qui l’intègre au single family office de sa famille. D’abord assistant, Yacine Kadri poursuit son bout de chemin jusqu’à devenir family officer. « Ce qui m’intéressait, c’était d’être au contact direct des familles, de créer un lien durable, intime. » Une expérience qui le fait renoncer à l’avocature pour se concentrer entièrement à cette nouvelle activité. Après avoir obtenu son Master 2, il quitte les bancs d’Assas pour ceux de l’INSEAD, et obtient son diplôme en 2017.

Trouver sa voie

Fraîchement diplômé, Yacine Kadri passe brièvement par la direction éditoriale du pôle patrimoine de Leaders League, une belle école pour se former à l’écosystème des acteurs et des problématiques du secteur. Fort de cette expérience, il rejoint les équipes de Family Partners début 2020, et y découvre les rouages du multi-family office. Son esprit entrepreneurial se précise, et il fait le grand saut quatre années plus tard, en créant son propre MFO. Entre apprentissage et définition de ses propres ambitions, Yacine Kadri tâtonne jusqu’à trouver l’équilibre parfait. L.Y.N.Q Private Office voit le jour en janvier 2024. Sa particularité réside dans la détention du capital, partagé entre son fondateur et ses clients. Une structure pleine de promesses, à l’image de Yacine Kadri : un pied à Bruxelles, l’autre en France, dévoué au service des familles fortunées.

Multi-passionné

Cinéphile averti, amateur de polars et de classiques comme Le Parrain ou La Grande Bellezza, collectionneur invétéré de sneakers… À la question « quelles sont vos passions ? », les réponses fusent. Un nom ressort malgré tout, celui de Batman. « Homme d’affaires le jour, il rétablit la justice la nuit sans jamais franchir les limites morales et éthiques. » Une métaphore filée du rôle qu’il joue auprès de sa clientèle : défendre les intérêts des familles, avec audace et sans compromission. Chez lui, rien n’est laissé au hasard, ni la trajectoire ni les convictions. « L’échec n’est pas envisageable. » Un mantra plus qu’un mot d’ordre, qu’il applique à toutes les sphères de sa vie.

Marine Fleury