Président du Groupe de BTP Roger Martin basé à Dijon (21), Vincent Martin nous dévoile comment il a réussi à conserver les valeurs héritées de ses aïeuls, tout en continuant à faire grandir l’entreprise familiale et indépendante à travers une stratégie de développement ambitieuse.

Depuis sa création en 1895, le Groupe Roger Martin tisse sa toile dans les différents métiers du monde du BTP : terrassement, routes, voiries, énergies, bâtiment, service et constructions liées à la transition environnementale. Sans oublier l’activité viticole du Groupe à travers le domaine de la Pinte à Arbois dans le Jura. Fort d’une première expérience réussie chez Eiffage (de 1999 à 2001), c’est en 2001 que Vincent Martin, ingénieur ESTP (École supérieure des travaux publics) arrive dans l’entreprise familiale dijonnaise. Depuis cette date, il incarne ainsi la quatrième génération, à la tête de l’entreprise familiale créée par son arrière-grand-père à la fin du XIXe siècle, en 1895. La responsabilité sur ses épaules est donc immense. Mais, c’est également le début d’un véritable challenge. Un enjeu de taille qu’il relève avec passion et succès. Du reste, le chiffre d’affaires du groupe est passé de 150 à 550 millions d’euros ces dernières années, employant désormais 2 650 collaborateurs, répartis aux quatre coins du pays.

C’est à coups de développement interne ou de rachats d’entreprises aux profils souvent complémentaires que le groupe a su se diversifier au cours de la dernière décennie, tout en se déployant sur l’ensemble du territoire national. Et cela, en conservant les valeurs familiales, si chères à Vincent Martin. Parmi elles, il nous cite l’indépendance, performance, confiance mutuelle, et responsabilité. Pour ce faire, jour après jour, il continue de les défendre au quotidien au sein de ses équipes et de les transmettre aux nouveaux collaborateurs du groupe, notamment à tous ceux qui ont rejoint l’entreprise familiale à l’occasion d’une de ses récentes opérations de croissance externe. Il s’agit d’une manière "de les sensibiliser à leur entrée dans la grande famille Roger Martin", ajoute-t-il.

Des échecs qui façonnent le groupe  

Pourtant, parfois, certains projets de croissance externe ne fonctionnent pas. "Cela est arrivé une fois depuis mon arrivée à la tête de l’entreprise", précise Vincent Martin. Une expérience dont il a tiré des enseignements, puisqu’elle l’a conduit à être d’autant plus précautionneux et attentif à l’analyse des dossiers de croissance externe suivants afin de mettre toutes les chances de son côté.

Mais, sa force repose aussi sur sa "capacité à emmener toutes les parties prenantes (collaborateurs, clients, partenaires, etc.) dans les projets, avec une vision et une stratégie à court, moyen et long terme." Il poursuit dans cette logique, filant la métaphore polémologique : "Les valeurs humaines occupent une place centrale, car nos collaborateurs sont avant tout des guerriers et nos meilleurs ambassadeurs sur le territoire", rappelle-t-il.

Homme de valeur, Vincent sait qu’il peut compter sur ses équipes pour faire perdurer cette dynamique de croissance afin de continuer à se développer. D’ailleurs, il n’a pas hésité à s’entourer de fidèles bras droits aux postes clés et stratégiques à la direction, même s’il tient à conserver une réelle proximité avec ses équipes. L’homme a du flair et de l’instinct. Pour cet entrepreneur dans l’âme, solidement ancré dans l’histoire de l’entreprise familiale et indépendante, il ne fait aucun doute que l’histoire du groupe Roger Martin ne fait que commencer.   

Romain Feraud