À l’heure du télétravail et du tout numérique, le besoin de lien est plus fort que jamais. La magie du Bacchus Business Club, c’est cette "sérendipité" : créer ensemble des opportunités qui n’étaient pas prévues. Rodolphe Wartel, son fondateur, revient sur la genèse du club.
Rodolphe Wartel (Bacchus Business Club) : "En région, les figures économiques familiales sont souvent enracinées dans leur territoire"
Décideurs. Pouvez-vous présenter le Bacchus Business Club ?
Rodolphe Wartel. C’est un club de dirigeants d’entreprise créé en 2021, regroupant aujourd’hui 350 dirigeants, principalement des dirigeants de PME et d’ETI, à travers cinq grandes villes françaises : Paris, Nice, Marseille, Lyon et Bordeaux. Nous organisons chaque mois un dîner dans chacune de ces villes, dans des lieux prestigieux comme Le Meurice à Paris, le Negresco à Nice ou le Sofitel Vieux-Port à Marseille. Dans un monde de plus en plus numérique, nous croyons profondément à la valeur du contact humain. Se rencontrer, se parler, se regarder dans les yeux : c’est cela, notre ADN.
Quelle a été la genèse de ce club ?
À l’origine, le club était rattaché au média spécialisé dans l’univers du vin Terre de Vins que je dirigeais. Nous savions parler aux vignerons, aux cavistes, aux restaurateurs, mais pas aux dirigeants d’entreprise, qui pourtant s’intéressent au vin, déjeunent au restaurant, constituent des caves, voire investissent dans le foncier viticole. Le Bacchus Business Club est né de cette intuition : associer la convivialité du vin à des rencontres de haut niveau. Le vin est moment de de partage, un ingrédient qui facilite les échanges.
Quels sont les objectifs de ces rencontres mensuelles ?
Il s’agit de créer un espace d’échanges de qualité entre décideurs, dans un cadre confidentiel. À chaque dîner, nous accueillons deux invités d’honneur : un vigneron qui présente ses vins et un dirigeant (PDG de grands groupes, entrepreneurs emblématiques) pour partager sa vision, ses projets et son actualité. Par exemple, Aroma-Zone, BlaBlaCar, SNCF, Carrefour, CMA CGM, Petit Bateau ou encore Bernardaud sont certains des invités prenant part aux échanges de la soirée. L’idée est de favoriser l’inspiration, les connexions et, parfois, des collaborations inattendues.
Parmi vos membres, nombreux sont des dirigeants issus d’entreprises familiales. Est-ce un choix ?
En région, les figures économiques familiales sont souvent enracinées dans leur territoire. Ce sont des acteurs engagés localement, qui ne sont pas là uniquement pour faire du business, mais pour contribuer à la dynamique régionale. Leur attachement à leur région et à leur entreprise familiale est très fort, ce qui résonne avec les valeurs du club.
Vous constatez une capacité à se réinventer chez ces groupes familiaux ?
Millésima, situé à Bordeaux, est un bon exemple mettant en avant l’art des entreprises familiales à se réinventer. Le père a bâti une maison de négoce reconnue dont les enfants ont ensuite repris le flambeau avec une nouvelle vision : le marketing numérique et l’ouverture de boutiques à l’international. Ce fut une réussite, tout en conservant l’âme et les valeurs de l’entreprise.
Vous parlez de valeurs, quelles sont celles communes aux membres du club ?
S’il y a bien une valeur partagée, c’est l’ouverture. Nos membres donnent de leur temps pour venir à dix dîners par an, parfois dans plusieurs villes, pour apprendre, partager et s’enrichir mutuellement. Beaucoup sont sensibles aux questions de RSE, de qualité de vie au travail et aux enjeux internationaux. Ce sont des dirigeants tournés vers l’action et l’avenir.
Comment envisagez-vous l’avenir du club ?
Nous privilégions la qualité à la quantité. Nous organisons environ 45 événements par an, avec un maximum de 80 participants par dîner pour garantir l’écoute et l’échange. Notre objectif est de continuer à monter en gamme : des intervenants de qualité, des membres engagés et toujours un travail de médiation pour créer les bonnes connexions.
Propos recueillis par Marine Fleury