C’est à New York, en pleine ascension professionnelle, que Pauline Duval reçoit un appel qui change le cours de sa vie. Au bout du fil : son père, fondateur du groupe Duval, lui propose de le rejoindre au sein de l’entreprise.
Pauline Duval, l'engagée
Rien ne la prédestinait à succéder à son père, la question ne lui avait même jamais traversé l’esprit, et pourtant, elle accepte, mais à une condition : prendre un congé sabbatique de six mois avant de se lancer dans l’aventure familiale. Une pause qu’elle met à profit pour parcourir l’Asie en sac au dos.
Des débuts remarqués…
Diplômée d’une maîtrise en gestion obtenue à Assas, puis d’un MBA à New York, la jeune femme a toujours veillé à ne pas s’enfermer dans une spécialité. « Je voulais garder les portes ouvertes, donc j’ai fait des études plutôt larges. » Elle entre alors dans la vie active, en parallèle de son cursus académique, au sein d’une entreprise qui lui signe un CDI une fois son diplôme en poche. Si son père ne lui a jamais sérieusement proposé d’intégrer les équipes avant le fameux coup de fil, les voies qui s’offraient à elle restaient très restreintes : « médecin, avocat… ou travailler avec moi », plaisantait son père. À l’heure de cette opportunité inattendue, Pauline Duval siège déjà au conseil d’administration du groupe familial. Elle le rejoint à plein temps en 2012 en qualité de directrice de la stratégie et du développement, où elle fait ses armes en travaillant deux fois plus que les autres pour gagner en légitimité. Une entrée sur le terrain remarquée, parfois source de critiques, mais elle passe outre. Promotion immobilière, foncière, structuration d’activités… De plus en plus de missions lui sont confiées, jusqu’à la fusion des deux entités du groupe, marquée par la sortie des actionnaires extérieurs. En 2016, elle est nommée directrice générale du groupe unifié.
… qui lui ont coûté quelques plumes
« Je suis une passionnée d’organisation et de structuration. C’est ma signature. » Elle s’impose alors rapidement comme un pilier de la nouvelle organisation, une place qu’elle prend plaisir à occuper, mais qui peut lui donner le vertige. À la suite d’un accident de santé, Pauline Duval se remet en question, replaçant l’équilibre personnel-professionnel au centre de ses préoccupations. Un rappel à l’ordre nécessaire, dont elle tire des leçons encore aujourd’hui. Cette mère de famille jongle avec différentes casquettes, mais profite de moments de calme en nature, que ce soit seule en mer, ou à cheval sur la plage. Aujourd’hui, elle dirige le groupe en famille, aux côtés de son père, toujours président, et de son frère, également directeur général. Une gouvernance familiale fluide qu’elle revendique sans en faire sa prison. « Nous sommes très doués pour séparer les sujets familiaux de ceux d’entreprise. » Une liberté qu’elle souhaite transmettre à son tour à ses deux enfants, âgés de 2 et 4 ans, auxquels elle enseigne avant tout la valeur du travail et la capacité à choisir sa propre voie.
La place des femmes, un combat perpétuel
Engagée, Pauline Duval milite pour une meilleure représentation des femmes à des postes de direction. Elle est aujourd’hui chapter chair France du réseau international WPO et siège au board de l’ONG Active, fondée par Marlène Schiappa. Son combat : faire entrer plus de femmes dans les cercles de pouvoir. « Le plus souvent, elles me répondent : ‘je n’ai pas le temps’ ou ‘je n’ai pas les moyens’, ce qui m’agace profondément. »
Avide de calme, de nature et d’aventures, elle aime voyager au propre comme au figuré, à travers la littérature, notamment. Son rêve ? Le Bhoutan, pour sa spiritualité et son engagement écologique.
Marine Fleury