Né en 2024 de l’association de Sofyane Hasni et Arnaud Hars, deux experts aguerris des produits structurés, Artemis Investment Advisors mise sur la pédagogie et la transparence pour se démarquer dans un marché en pleine effervescence. À rebours d’une approche purement marketing et commerciale, la jeune société entend replacer l’investisseur et la compréhension des risques au centre du jeu. Présentation avec l’un des cofondateurs, Sofyane Hasni.


Décideurs. Pouvez-vous présenter votre structure ? Qu’est-ce qui vous a poussés à vous lancer en 2024 ?
Sofyane Hasni. Avec mon associé Arnaud Hars, nous cumulons plus de 50 ans d’expérience dans l’univers des produits structurés. Nous avons commencé à nous intéresser à cette classe d’actifs au début des années 2000, au sein de grandes banques et de brokers français et internationaux.
Lorsque nous avons lancé Artemis Investment Advisors en 2024, l’objectif n’était pas de « réinventer » les produits structurés dans un marché déjà très concurrentiel, mais d’apporter un regard neuf et une pédagogie claire, au service des professionnels du patrimoine et des investisseurs institutionnels.
Le contexte actuel est favorable : avec des marchés actions et des taux porteurs, la plupart des produits sont remboursés rapidement, souvent entre 12 et 24 mois. Dans ce type d’environnement, les mécaniques produit ont pris le dessus sur le moteur de performance. Mais des signaux d’alerte existent déjà : certaines stratégies massivement distribuées, comme les solutions sur le secteur automobile avec mécanisme de décrément – par exemple Stellantis Fix Div –, se retrouvent aujourd’hui dans des situations de valorisation très dégradées.
Était-ce prévisible ? Personne n’a de boule de cristal au moment de la structuration des solutions. En revanche, le rôle d’un intermédiaire est de conseiller avec discernement, en sélectionnant rigoureusement les sous-jacents et en expliquant les risques réels. C’est pourquoi nous avons toujours mis nos clients en garde contre certaines combinaisons risquées : decrements appliqués à des valeurs cycliques ou small caps, indices decrements en forte baisse… Derrière une mécanique marketing séduisante, les détails font toute la différence.
Chez Artemis, nous mettons l’investisseur au centre de nos préoccupations. Notre approche repose sur la créativité, l’exigence, l’indépendance et surtout la transparence.

" Le contexte actuel est favorable : avec des marchés actions et des taux porteurs, la plupart des produits sont remboursés rapidement, souvent entre 12 et 24 mois "

Nous accompagnons au quotidien CGP, family offices et asset managers dans l’interprétation et la compréhension de ces produits. La pédagogie fait partie de notre ADN : Arnaud Hars est l’enseignant référent sur les produits structurés pour l’Aurep depuis cinq ans et a été précédemment enseignant à Assas et dans des écoles de commerce. Il intervient également auprès des membres de la CNCGP dans le cadre de formations validantes.

Avec plus d’une vingtaine d’autres intervenants sur le marché, qu’est-ce qui, selon vous, vous permet de vous différencier de vos concurrents ?
Notre différenciation tient d’abord à une approche sélective. Nous ne privilégions pas une mécanique produit « séduisante » au détriment de la qualité des sous-jacents : un produit doit combiner une mécanique cohérente et des sous-jacents solides. Pour illustrer, un produit avec une belle mécanique mais un sous-jacent fragile, c’est comme une Ferrari équipée d’un moteur de 2 CV : ça ne tient pas ! Mais surtout, ce qui nous distingue, c’est notre modèle centré sur la pédagogie et la transparence. Dans un marché en forte croissance, il nous semble essentiel d’accompagner les CGP et family offices au-delà du simple acte de distribution. Nous expliquons clairement comment les produits fonctionnent, comment ils sont construits, et même combien nous gagnons. Cette transparence nourrit la confiance.
Enfin, nous organisons régulièrement des ateliers didactiques en petits groupes, souvent sous forme de déjeuners mensuels avec nos partenaires. L’objectif est de leur donner les clés pour comprendre et analyser en toute indépendance nos solutions, mais aussi celles de la concurrence. C’est ainsi que nous contribuons à démocratiser durablement cette classe d’actifs et à promouvoir les bonnes pratiques.

Quels outils utilisez-vous pour mieux former et informer les CGP ?
Lors du lancement d’Artemis, notre priorité a été de bâtir une offre solide dans un cadre de conformité sécurisé. Après plus d’un an d’activité, nous accélérons désormais sur la formation et la communication, toujours avec le même objectif : mieux faire comprendre les produits structurés.
Nous déployons plusieurs formats pédagogiques : des cours, webinaires et formations validantes, pour un accompagnement académique et certifiant, et des contenus plus décalés et accessibles, afin de traiter un sujet technique sur un ton plus léger, sans perdre en rigueur.

" Un produit avec une belle mécanique mais un sous-jacent fragile, c’est comme une Ferrari équipée d’un moteur de 2 CV : ça ne tient pas ! " 

Nous nous appuyons aussi sur notre plateforme digitale Olympe, véritable hub de suivi et de pricing. Elle offre une vision à 180 degrés du cycle de vie des produits de nos partenaires, qu’ils soient structurés par Artemis ou par un concurrent. C’est également un outil de pricing unique, connecté en temps réel à toutes nos banques partenaires, qui permet aux CGP et family offices de construire, " pricer " et comparer eux-mêmes leurs idées de produit : elle offre la possibilité de retenir une cotation, puis de nous solliciter, pour que nous leur négociions la meilleure offre.
C’est une approche unique sur le marché français : combiner pédagogie, transparence et technologie pour donner aux professionnels une autonomie renforcée, tout en restant disponibles pour les accompagner.

Quelle est votre vision sur les produits structurés à court et moyen terme ?
À court et moyen terme, deux grandes tendances se dessinent.
Sur le plan réglementaire, l’environnement devrait évoluer vers davantage d’encadrement, avec l’instauration probable de formations obligatoires pour les conseillers distribuant des produits structurés. L’idée d’un « permis de conseiller » nous semble aller dans le bon sens : plus de pédagogie, plus de formation, et donc un meilleur conseil pour l’investisseur final.
Sur le plan opérationnel, l’environnement actuel de taux élevés a considérablement élargi l’univers des produits structurés. Longtemps cantonnés aux actions et aux indices, ils peuvent désormais s’appuyer sur des sous-jacents de taux – CMS, Euribor… –, avec des solutions offrant une protection du capital à 100 %. Cela ouvre la voie à des allocations plus équilibrées, adaptées à différents scénarii de marché, et dotées de mécanismes de remboursement plus clairs et plus cohérents.
Enfin, la diversification du risque émetteur s’est nettement renforcée, grâce à un nombre croissant de banques actives. La classe d’actifs a donc gagné en profondeur et en solidité, permettant aux produits structurés d’occuper une place de plus en plus stratégique dans les allocations patrimoniales.
Chez Artemis, nous sommes convaincus que cette dynamique se poursuivra, à une seule condition : que la formation et la transparence deviennent le moteur de confiance entre investisseurs et professionnels.

Propos recueillis par Clara Lelièvre