Investir dans l’économie réelle ouvre de nombreuses perspectives, souvent rentables, à condition d’être accompagné par des professionnels chevronnés. Les équipes de Montefiore Investment le sont, en témoignent leurs 20 ans d’existence et de succès. Explications d’Henri Topiol, associé et co-head Italie.
Henri Topiol (Montefiore Investment) : "Nous misons sur notre connaissance approfondie des sous-secteurs des métiers de service dans lesquels nous investissons"
Décideurs. Montefiore Investment fête ses 20 ans cette année. Quel regard portez-vous sur ce parcours ?
Henri Topiol. Nous sommes toujours restés fidèles à notre ambition de départ : faire du private equity en nous positionnant comme un véritable accélérateur de transformation et de croissance rentable. Basée sur les piliers focus et growth, notre approche consiste à concentrer nos investissements sur le secteur d’activité des services, afin d’en maîtriser les spécificités et d’apporter une réelle valeur ajoutée aux dirigeants, tout en affichant notre volonté d’accompagner durablement les entreprises dans leur développement.
Comment cela se traduit-il dans vos opérations ?
Avant toute opération, nous passons beaucoup de temps avec les dirigeants pour nous assurer que nous partageons la même vision du marché et du plan de transformation. Notre accompagnement combine souvent croissance organique, acquisitions ciblées, internationalisation, accélération de la digitalisation, renforcement du capital humain et ouverture du capital aux salariés. Nous sommes convaincus qu’une entreprise performe mieux lorsque ses collaborateurs deviennent eux aussi entrepreneurs. Nous avons réalisé plus de 50 investissements depuis la création de Montefiore Investment, et comptabilisons plus de 5 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
Pourquoi avoir choisi ce secteur d’activité ?
Au-delà de notre forte connaissance du secteur, issue de l’expérience des fondateurs et de l’équipe, ce sont des métiers qui ont un potentiel d’internationalisation intéressant et qui rayonnent localement.
Comment sélectionnez-vous les entreprises où investir ?
Nous misons avant tout sur notre connaissance approfondie des sous-secteurs dans lesquels nous investissons. Ce travail de terrain nous permet d’identifier très tôt les sociétés à fort potentiel. 80 % de nos investissements sont réalisés en deal primaire, c’est-à-dire en première entrée au capital aux côtés du fondateur. Enfin, nous privilégions les entrepreneurs qui partagent les mêmes valeurs et la même vision du développement.
Sur quelle phase de développement de l’entreprise intervenez-vous ?
Nous investissons dans des entreprises déjà rentables, dont l’Ebitda se situe entre 5 et 200 millions d’euros, et à hauteur de 20-200 millions d’euros de fonds propres par opération. En principe, nous prenons des parts majoritaires, sauf dans certains cas où l’entrepreneur ouvre son capital pour la première fois ou dans des opérations de taille très importante où notre connaissance sectorielle est très recherchée.
Pouvez-vous partager un exemple ?
Nous avons accompagné European Camping Group, ex-Homair Vacances, petit acteur indépendant de l’hôtellerie de plein air. En anticipant la consolidation du secteur, la société s’est transformée en s’internationalisant par le biais d’acquisitions. Le chiffre d’affaires est passé de 20 à plus de 200 millions d’euros pendant notre période d’investissement, et dépasse aujourd’hui les 800 millions. Partie d’une position d’acteur local en France, l’entreprise s’est imposée en quelques années comme le leader européen sur son marché.
Vos fonds sont-ils accessibles aux investisseurs privés ?
Cela fait partie des projets sur lesquels nous travaillons avec Joséphine Loréal, arrivée en juin dernier à la tête de l’activité Private Wealth de Montefiore, car nous sommes convaincus que l’épargne des Français doit être orientée vers les PME et ETI françaises qui créent de la valeur et de l’emploi pour le pays.
Quelle est votre vision de la finance responsable ?
Nous sommes signataires des PRI depuis 2013 et avons une équipe qui se consacre exclusivement à ces sujets de responsabilité sociale et environnementale au service des sociétés de notre portefeuille. Par ailleurs, nous définissons une feuille de route ESG adaptée à chaque entreprise que nous accompagnons et encourageons l’actionnariat salarié, comme c’est le cas chez NGE, où près de 20 000 collaborateurs sont actionnaires. Nous veillons également à renforcer la gouvernance et à réduire notre empreinte environnementale, raison pour laquelle certaines opérations sont écartées de nos investissements. Enfin, nous venons d’être choisis par près d’une vingtaine d’investisseurs institutionnels pour déployer un fonds 100 % dédié à la biodiversité, dont la protection et la préservation constituent un véritable enjeu pour les années et décennies à venir.
Vous êtes présents à Paris, Milan et Madrid. Envisagez-vous d’autres implantations ?
L’Italie, où nous sommes présents depuis trois ans, et l’Espagne, où nous venons d’ouvrir un bureau, sont nos priorités. Notre objectif est de devenir un acteur de référence local, avec des équipes mixtes associant collaborateurs formés à Paris et talents régionaux. Une fois notre activité consolidée sur ces marchés, nous réfléchirons aux prochaines étapes.
Quelles sont vos prévisions pour 2026 ?
Le marché français reste attentiste du fait d’une instabilité politique et d’incertitudes budgétaires persistantes depuis plusieurs mois. En revanche, l’Italie et l’Espagne offrent un dynamisme remarquable, soutenu par des régimes fiscaux attractifs et un climat économique positif. Malgré un environnement complexe, nous continuons à dénicher les futures pépites, car nous pensons que les entrepreneurs français et européens conservent une énergie et une créativité formidables.
Un mot pour conclure ?
Nous sommes confiants et ambitieux quant à l’avenir du private equity. Les entrepreneurs européens que nous rencontrons sont dynamiques, innovants et résilients. Nous sommes motivés pour les accompagner afin de transformer cette énergie en croissance durable au service de leurs entreprises, leurs équipes et, plus largement, de l’économie.
Propos recueillis par Marine Fleury