Après une décennie dominée par les valeurs de croissance, le marché a amorcé une rotation en faveur des titres décotés. Dans ce contexte, Alienor Capital a lancé un fonds à haut dividende misant sur le potentiel des valeurs values et leur capacité à générer un revenu durable pour les investisseurs sur les prochaines années.

Décideurs. Vous venez de lancer votre nouveau fonds Alienor High Dividendes Europe, pourquoi le lancer maintenant ?
Arnaud Raimon. Depuis une dizaine d’années, les valeurs dites " value " ont structurellement sous-performé par rapport aux valeurs de croissance. Les investisseurs ont privilégié les entreprises technologiques ou à forte visibilité, portées par un environnement de taux bas et des perspectives de profits exponentiels. Mais cette sous-performance a cessé depuis un peu plus d’un an.

" Nous avons lancé un fonds résolument " value " : il est composé exclusivement de valeurs décotées et à haut dividende "

Nous observons désormais un retour en grâce des titres décotés : leur valorisation, souvent jugée excessive à la baisse, redevient attractive, et les flux d’investissement s’y réorientent progressivement. Ces valeurs, devenues particulièrement bon marché, commencent à mieux se comporter et à regagner de l’importance face aux valeurs de croissance. C’est une phase de rééquilibrage du marché. Aujourd’hui, il existe de nombreuses valeurs " value " – dans des secteurs à faible croissance mais non déclinants – qui offrent des dividendes supérieurs à 5 %. C’est un niveau de rendement très attractif dans un environnement où les taux réels se stabilisent et où les investisseurs recherchent des revenus réguliers. Ces opportunités demeurent encore bon marché, mais cela ne durera pas éternellement. Nous pensons que, d’ici trois ou quatre ans, la revalorisation de ces titres pourrait mécaniquement faire baisser les rendements au fur et à mesure que les prix remonteront. Même dans l’hypothèse où ces valeurs ne recoteraient pas, le rendement offert est tel que le seul détachement du dividende suffirait à générer une performance raisonnable.

Quels secteurs sont aujourd’hui considérés comme " value " ?
De nombreux secteurs sont concernés. On retrouve bien sûr la banque, l’assurance, les producteurs d’électricité, les télécoms, les concessions ou encore l’automobile et les médias. Il existe aussi des cas plus atypiques : certaines sociétés holdings, historiquement absentes de la catégorie « value », y sont désormais associées. Des acteurs comme Wendel, Eurazeo ou même Publicis présentent aujourd’hui des caractéristiques de valorisation attractives et une capacité à générer un rendement récurrent et élevé.

Existe-t-il une forte concurrence sur ce type de fonds ?
Il est vrai qu’il existe de nombreux fonds à dividendes. Cependant, au fil des années, une partie d’entre eux se sont mis à intégrer davantage de valeurs de croissance pour accompagner le marché. Ce n’est pas du tout notre approche. Nous avons lancé un fonds résolument " value " : il est composé exclusivement de valeurs décotées et à haut dividende, avec une attention particulière à la qualité du bilan et à la pérennité du versement du dividende. L’objectif est de construire un portefeuille capable non seulement de délivrer un rendement élevé dès le départ, mais aussi de le maintenir dans la durée à travers les cycles.

 

Propos recueillis par Clara Lelièvre