Dirigeant engagé, entre littérature et stratégie patrimoniale, Benoist Lombard cultive une curiosité insatiable. Lecteur passionné et navigateur aguerri, il explore les mondes avec la même intensité.

Benoist Lombard, qui a grandi dans les Pays de la Loire, est placé à 9 ans dans un pensionnat de 2 000 élèves où il peine d’abord à trouver sa place. Pourtant, " le goût de la compétition qui l’a toujours habité " lui permit de franchir, avec constance et ardeur, toutes les étapes de son enseignement secondaire au sein de cet établissement de renom, où rares sont ceux – à peine un sur dix – qui parviennent à y accomplir l’intégralité de leur cursus. À 20 ans, il perd son père, sa vie bascule, il doit s’occuper des intérêts de sa famille.

Créer sa place, conjuguer avec les autres

Après une licence en droit délivrée par la faculté de Nantes, il décide de poursuivre ses études à Assas où il obtient une maîtrise de droit privé, puis un DESS de droit notarial. Chez UAP-Banque Worms qu’il rejoint en 1994 au poste de responsable de l’ingénierie patrimoniale, il conseille un premier réseau de CGP. Il quitte son poste trois ans plus tard pour fonder sa propre société, Witam MFO. " Il n’y a à l’époque que très peu de conseillers en gestion de patrimoine indépendant, c’est un métier en devenir. " Il développe son activité autour de " l’accompagnement des familles, dans les problématiques de pérennisation de patrimoines historiques ". Dès 1998, il enseigne dans le master Wealth Management de l’ESCP où il rencontre " d’anciens avocats, notaires, banquiers privés, commerciaux ". Poussé par ses pairs, il rejoint l’UCGP, un " laboratoire,un think tank, mais également un instrument de lobbying au service des CGPI et de leurs clients ". Afin de proposer une gamme de solutions patrimoniales pour les CGP, il fonde Wiseam en 2011 (devenue Zenith AM), une société de gestion de portefeuille. Deux ans plus tard, il quitte l’enseignement et est élu à deux reprises à la présidence de la Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine (CNCGP). Dans le cadre du projet " Victoire ", il crée en 2021 Laplace puis Maison Laplace, le multi-family office du groupe Crystal, dont il est aujourd’hui respectivement président et directeur général adjoint.

Toujours tu chériras la mer

Homme aux multiples casquettes, entre ses différents postes de direction, Benoist Lombard a dû trouver une soupape de décompression. Chaque année, il quitte le flux des réunions pour retrouver celui des marées. Sur un vieux voilier médaillé aux Jeux olympiques de 1928, Aile 6, il navigue avec des amis, surtout sur l’océan Atlantique. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier la navigation en Méditerranée, sur des voiliers modernes, faisant escale en Grèce, en Italie, en Espagne ou en Croatie, s’éprenant des îles qui se décrochent des littoraux.

Toutes voiles dehors

Quand on a une vie aussi remplie que celle de Benoist Lombard, il est difficile de voguer à quatre nœuds. Le Ligérien a participé à de nombreuses régates. C’est un habitué de celles au départ de Noirmoutier ou de son fief baulois, mais aussi des classiques de la Méditerranée à Saint-Tropez ou Cannes. Et puis il apprécie de fendre les flots aux côtés de Sébastien Rogues, illustre skipper français, à bord de multicoques de compétition façonnés en carbone. Sa patience est en revanche mise à rude épreuve quand il s’agit de la pêche. " Je suis très mauvais pêcheur, je n’ai aucun talent en la matière. Attendre qu’un poisson morde à l’hameçon, ça m’exaspère. "

Être ouvert

Quand il ne navigue pas, Benoist Lombard bouquine. " Je suis un amoureux de la littérature française, de René Char, de Malraux, Gide et Charles Péguy. " Toujours avide de nouveaux savoirs, il dévore les pages des livres d’histoire, celle qu’il n’a pas apprise enfant. " Je me passionne pour l’histoire contemporaine, en particulier celle de l’Asie au XXe siècle. " Il aurait d’ailleurs pu être un homme politique, inspiré par Charles de Gaulle, qu’il admire, curieux de toutes les cultures, " insatisfait, à la recherche d’une progression constante ". Mais une chose est sûre, quand il sera à la retraite, il larguera les amarres et ira " faire le tour du monde ". Benoist Lombard n’est plus l’enfant de 9 ans réservé qu’il était ; il s’est affirmé dans ce monde, fidèle à l’injonction de Jean-Paul II : " N’ayez pas peur ! ". 

 

Clara Lelièvre