Chanteur, sportif, entrepreneur… Jérôme Jambert ne fait rien à moitié. De la maîtrise de Colmar aux bancs de la Skema, il a troqué les vocalises contre les bilans patrimoniaux, sans jamais perdre le sens du rythme. Compétiteur dans l’âme, il avance avec méthode, passion et une bonne dose d’énergie – celle qui fait les parcours atypiques et les réussites durables. Aujourd’hui à la tête d’un family office, il cultive l’art de transmettre avec autant de rigueur que de curiosité.

D'origine alsacienne, Jérôme Jambert a fait sa scolarité entre le Bas et le Haut-Rhin. Dans les petites classes, il intègre une maîtrise de garçons. " Nous avions des cours le matin, et l’après-midi nous faisions du chant et de la musique ". La chorale devient sa première passion. " J’ai été maîtrisien, puis soliste de la maîtrise de Colmar, prêté à des opéras pour des prestations, jusqu’à la mue. " En perdant sa voix d’enfant, Jérôme Jambert quitte la maîtrise et intègre un cursus traditionnel.
Inspiré par une mère professeur de sport et un grand-père footballeur professionnel, il s’investit intensément en la matière et s’entraîne jusqu’à quinze heures par semaine. " Je faisais beaucoup de sport, du basket, du tennis, du tennis de table, de l’athlétisme, de la danse. " Lors de son entrée en classe préparatoire, les choses se compliquent. Le plaisir de la musique et de l’activité physique à haut niveau laisse place à des heures de travail. Jérôme Jambert décide de tout arrêter pour ne se consacrer qu’à ses études. " Ce n’était pas quelque chose que j’accueillais avec plaisir, mais j’ai fini par trouver ma voie ", raconte-t-il.

Une rencontre inattendue

Lors d’une conférence donnée par un assureur spécialisé dans la transmission d’entreprise, Jérôme Jambert comprend qu’il veut travailler dans la gestion de patrimoine. " Ce professionnel expliquait en quoi le métier était passionnant et apportait de la valeur, en permettant qu’il y ait de la continuité dans l’entreprise. En sortant, je me suis dit : c’est ça que je veux faire. C’est génial ! " Le problème, c’est que, pour faire de la gestion de patrimoine, il faut avoir " des cheveux blancs ", lui disait-on. Difficile d’entendre ça quand on a 19 ans. Jérôme Jambert s’accroche et décide de se spécialiser. En 1997, il effectue un master en gestion de patrimoine à la Skema Business School et commence à exercer deux ans plus tard chez BNP Paribas. " Cette expérience m’a plu, je me suis formé, j’ai fait mes premières armes, et c’est là que j’ai rencontré ma femme. " En quelques années, Jérôme Jambert gravit les échelons et devient responsable de centre à Paris, au siège de la banque. Alors que ses pairs le poussent à changer de branche pour devenir un banquier réputé, un chasseur de têtes lui propose de rejoindre la Banque de gestion privée Indosuez Indosuez Wealth Management. Il décide de saisir cette opportunité et finit directeur régional des Hauts-de-France. Lors de ces six années passées dans la banque, il fait la rencontre d’Aymeric Mary, avec qui il fonde Herest.

Guider les familles

En créant son family office, Jérôme Jambert voulait faire de la gestion de patrimoine un métier avec une approche différente de celle des banquiers privés. " Avec Aymeric, on s’est dit : si on doit monter une entreprise, il faut qu’on se supporte. Nous sommes donc partis en vacances une semaine tous les deux, avec nos familles, pour voir si cela pouvait fonctionner ". Et la réponse se veut aussi simple qu’évidente : ça a marché. Herest est fondé en 2011. Quinze ans plus tard, 22 personnes ont rejoint le groupe. Jérôme Jambert accorde beaucoup d’importance à ses équipes : " Je suis quelqu’un de passionné qui s’entoure de gens passionnés et passionnants. " Rejoint en 2022 par Jérémy Daly (associé gérant, équipe Auvergne-Rhône-Alpes), Jérôme Jambert partage désormais sa vie professionnelle entre Lille, Paris et Lyon au service de quelques dizaines de familles.

Lutter contre l’ennui

Dans la vie de tous les jours, Jérôme Jambert apprécie le mouvement, l’énergie et la bonne humeur. " Je lutte beaucoup contre l’ennui, je fais beaucoup de choses. " Le sport ne l’a d’ailleurs jamais vraiment quitté. Il pratique aujourd’hui la natation, le rameur, la course à pied et la randonnée. Depuis peu, il s’est remis au chant, mais " sans compétition, sans prétention, juste par plaisir " et s’exerce sur des morceaux de rock anglo-saxon. Quand il a un moment, il lit des ouvrages sur les thématiques de l’univers. Aux côtés d’Aymeric Mary, Jérôme Jambert a réalisé son rêve. Compétiteur dans l’âme et toujours en quête de nouveaux défis, il incarne cette force vive des entrepreneurs : celle de ceux qui ne cessent jamais d’apprendre, de créer et de transmettre.

 

Clara Lelièvre