Franck Béon, le polymathe
Franck Béon a une vision bien à lui. Forgé par un parcours d’ingénieur et de mathématicien statisticien, il porte un regard très scientifique sur le conseil en gestion de patrimoine. Il débute en école d’ingénieur, se spécialise en ingénierie financière à Supaéro, avant de terminer ses études en stage de fusion-acquisition au cours duquel il rencontrera Marc Rousseau avec qui il fera une très grande partie de sa carrière. En 2005, il intègre le monde du trading propriétaire chez Natexis Banques Populaires. Il se spécialise sur les activités de Delta One et l’arbitrage statistique et quantitatif. Peu de temps après la fusion entre Natexis Banques Populaires et IXIS CIB en 2007, Franck Béon prend la tangente avec son équipe et décide d’intégrer la filiale japonaise de Dresdner Kleinwort. Avec la crise liée aux subprimes, la structure nipponne ferme. Au même moment, une opportunité s’ouvre à lui dans les hedge funds quantitatifs chez Millennium Capital Partners. Il rejoint le groupe, pour lequel il travaillera pendant près de deux ans entre Singapour et Paris, comme portfolio manager. Débauché ensuite par Nomura International, il poursuit cette même activité pendant quelques années. Peu de temps après, en 2014, il s’installe aux États-Unis en intégrant Natixis CIB Americas où il développera l’activité de Delta One et de trading d’ETF du groupe. Il intègre en parallèle Harvard Business school pour terminer sa formation académique et poser les bases de son futur projet entrepreneurial.
Ploovers ou le prisme des mathématiques
En 2020, en pleine période Covid, Franck Béon fait un point sur ses finances. Il se rend compte que les produits dans lesquels on l’a fait investir ne sont pas du tout adaptés à son profil. Il comprend que " le monde des CGP, family offices, gestion privée est principalement représenté par des profils commerciaux ". L’idée de se lancer sur un projet entrepreneurial se présente alors comme une évidence. Pour développer son concept, il fait appel à son ami Marc Rousseau. Ensemble ils fondent Ploovers en 2022. Dans cette nouvelle entreprise, le CGP devient un " conseiller augmenté qui utilise les mathématiques et l’IA pour modéliser et avoir une lecture différente sur l’investissement financier et l’ingénierie patrimoniale. "
Lire entre les lignes ou écrire les siennes
Le travail occupe une place centrale dans la vie de Franck Béon. Quand il n’est pas aux commandes de Ploovers, il écrit. D’abord sur le blog de sa fintech, mais il rédige également des livres. Depuis 2018, il en a publié quatre sur des thématiques variées autour du conseil en investissement. La lecture est également l’un de ses passe-temps favoris, avec un intérêt particulier pour l’histoire de l’univers, du capitalisme et du libéralisme. Toujours plus loin Parfois, Franck Béon a besoin de libérer son cerveau de toutes ces thématiques, à la croisée entre les maths, la finance, la vie sur Terre et au-delà. Ancien décathlonien, il continue de " mettre son corps à rude épreuve et essaie de pousser ses limites " en participant à des Ironman. Il reconnaît que ce qu’il trouve le plus intéressant, c’est que " sur 24 heures, on a la chance de connaître énormément d’émotions, la joie, la peur, l’angoisse " et puis, finalement, la victoire.
Se projeter au-delà des étoiles
Derrière Ploovers et sa vision très disruptive du marché, il y a un homme pour qui la vie aurait pu être complètement différente. Les questions autour de l’espace l’ont " toujours passionné ". Dans l’enfance, il voulait être astronaute, aujourd’hui c’est le paradoxe de Fermi et la question de l’origine de la vie qui suscitent son intérêt. Franck Béon a toujours eu cette envie de comprendre, remettre en cause les choses établies, un peu comme Descartes. Il s’interroge, aurait-il pu être ingénieur aérospatial ? Intégrer SpaceX ? " Peut-être qu’après cette start-up que je développe, je réaliserai un projet dans ce domaine- là. " Car la vie ne s’arrête pas à 44 ans.
Clara Lelièvre