Joachim Savigny, l’insatiable
Joachim Savigny a grandi avec trois frères dans une famille modeste. Scolarisé dans une école publique à Sarcelles, puis Cergy-Pontoise, il vit la mutation de son père, policier, comme une « chance ». Ensemble, ils quittent la métropole pour l’île de La Réunion. Il démarre ses études en biologie, mais modifie très vite son choix par manque de débouchés et entreprend une licence de droit. Après son diplôme, il part de l’île pour retrouver Paris et finir son master.
Prendre ses marques
Chaque été, dans le but de payer son école, Joachim Savigny effectue des missions d’intérim. La dernière année, il entre chez Cortal Consors, filiale de la BNP, en tant que gestionnaire de portefeuille. Alors que les marchés financiers s’écroulent au début des années 2000, Joachim Savigny se passionne. « Je me formais au quotidien. On avait la chance d’avoir une entreprise qui était très impliquée, avec le rachat des portefeuilles d’American Express et de Consors. Elle avait fondé FundQuest, légende française de la gestion d’actifs et de la sélection de fonds. On recevait des formations, on rencontrait des gérants très connus, j’adorais ça. » Avec une soif insatiable de conquérir ce petit monde, Joachim Savigny rafle les prix des challenges commerciaux, en nouant de nombreux partenariats pour le compte de son entreprise. « J’avais envie de réussir et j’avais surtout besoin de réussir ; mon petit frère et ma mère dépendaient financièrement de moi. » Lors de changements importants chez Cortal Consors, Joachim Savigny quitte le groupe et décide en 2008 de rejoindre Cyrus Conseil, numéro un de la gestion privée en France. « J’étais trop jeune pour intégrer cette société. Quand on me fermait la porte, je passais par la fenêtre et puis, finalement, après avoir passé cinq entretiens, c’est Meyer Azogui qui m’a reçu. » Durant les premières années, il rencontre les grands noms de la place, mais toujours avec un associé, « non pas parce que je n’étais pas capable, mais parce que je souhaitais apprendre et renforcer mon bagage technique. »
Marquer l’histoire
En 2014, en pleine introspection sur la suite de sa carrière, Joachim Savigny prend une décision. « En restant chez Cyrus, j’aurais pu devenir une pointure de la gestion de patrimoine, mais je n’aurais jamais pu marquer l’histoire, et c’est pourtant ce que je voulais. » Aux côtés d’Alexis Crombez et d’Aurélien Giraud Valerian, il décide de fonder sa propre société, Cheval Blanc Patrimoine. Au départ, le trio pâtit d’une image encore jeune dans un milieu où l’expérience est de rigueur. Joachim Savigny décide d’user de toutes les stratégies possibles afin d’améliorer ses connaissances et de faire parler de sa société. « Pour acquérir une légitimité, nous sommes allés donner des cours dans les universités, nous avons parlé fort sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui encore, nous avons conservé cette tradition de recevoir chaque semaine des professionnels du secteur qui nous apportent leur expertise. » À l’image du héros de son manga préféré, One Piece, Joachim Savigny est convaincu que l’on ne peut jamais gagner seul et qu’il faut avoir une confiance absolue dans son équipe.
La famille, premier patrimoine
La famille tient une place particulière dans la vie de Joachim Savigny. Père de deux enfants, il décrit ses proches comme « une équipe » à qui il doit beaucoup. « Quand j’étais petit, nous avions peu de moyens, mais mes parents m’ont donné une espèce de rage de m’en sortir. » Aujourd’hui, il essaie de rendre une part de ce qu’il a reçu. « Dès que j’ai touché un peu d’argent des titres de ma société, j’ai fait des donations à mes parents, à mes frères, à mes neveux et nièces. Je n’en ai pas gardé la majeure partie, ce qui faisait halluciner mon notaire. »
Quand il peut, il prend le temps de jouer de la guitare, de voir des amis ou de voyager. « Nous sommes très festifs à la maison, nous recevons beaucoup, les parents, les voisins, la famille. Cela permet de partager des moments ensemble et de voir les enfants sourire. » Dans sa quête, Joachim Savigny a su trouver son trésor, peut-être pas le One Piece, mais quelque chose de plus grand : une aventure où la loyauté, la confiance et la passion tiennent lieu de boussole.
Clara Lelièvre