Dans son communiqué de presse du 20 janvier 2026, Rockfi a annoncé le déploiement d’un nouveau modèle fondé sur une tarification fixe, indépendante des produits recommandés, connue à l’avance et identique quelles que soient l’allocation ou les enveloppes utilisées. Le développement de cet outil répond à un besoin des investisseurs : le manque de transparence des frais.

Deux ans seulement après sa création, Rockfi continue de bouleverser le milieu de la gestion privée en ciblant l’une des problématiques les plus présentes dans le secteur : la tarification. Forte d’une équipe de cinquante conseillers privés, la fintech a pris le problème à bras-le-corps et a annoncé le déploiement d’un nouveau modèle basé sur une tarification fixe et indépendante des produits recommandés. L’objectif du groupe est clair, il s’agit de proposer des produits au « prix réel » et surtout lisible pour les clients. La cofondatrice et COO de RockFi, Marie Bedu, justifie ce choix : « En 2026, suivre la performance de son patrimoine devrait être aussi simple que consulter un compte bancaire. Le marché ne le permettait pas. Nous avons donc construit nos propres outils. Nos clients peuvent désormais savoir, à tout moment, combien leur patrimoine a performé et combien le conseil leur a réellement coûté. »

Un héritage à réformer

Dans le secteur de la gestion de patrimoine, la question de la transparence des frais s’inscrit dans une problématique structurelle ancienne, liée à la diversité des classes d’actifs et à la complexité des chaînes de distribution. Historiquement, la rémunération des intermédiaires reposait largement sur les rétrocessions de commissions versées par les sociétés de gestion, notamment sur les fonds actions, obligataires ou diversifiés, mais également sur des supports plus sophistiqués, comme les unités de compte immobilières, le private equity ou les produits structurés. Cette architecture a longtemps rendu le coût global pour le client final difficilement lisible, les frais étant fragmentés entre frais d’entrée, frais de gestion financière, frais d’enveloppe (assurance-vie, PER), frais de sous-jacents et commissions de surperformance.

La montée en puissance des exigences réglementaires — de MIFID II à la DDA — a marqué un tournant en imposant une information ex ante et ex post sur le coût total des investissements, exprimé en pourcentage et en euros. Pour autant, dans la pratique, la compréhension reste limitée, notamment lorsque les allocations combinent plusieurs classes d’actifs aux structures de frais hétérogènes, comme l’immobilier non coté, la dette privée ou les fonds de fonds. Cette opacité persistante nourrit un débat de fond sur les conflits d’intérêts, la valeur ajoutée réelle du conseil et l’évolution du modèle économique des cabinets de gestion de patrimoine, de plus en plus poussés vers des honoraires explicites et une logique de conseil « fee-based ».

Clara Lelièvre