Sophie de Carné-Carnavalet, En équilibre
Rendez-vous au dernier étage de l’immeuble qui héberge le cabinet Sekri Valentin Zerrouk dans le 8e arrondissement de Paris. « Parfois, quand la météo est troublée comme en cette fin d’après-midi, à l’heure du coucher de soleil, le ciel se couvre d’un voile rose et la tour Eiffel est encore plus belle », observe l’associée avant de se prêter à l’exercice du portrait.
Quand, en 2006, Sophie de Carné-Carnavalet s’inscrit à la Sorbonne, elle ne s’imagine pas devenir un jour avocate fiscaliste. Attirée tant par le droit que par l’économie, elle hésite entre « l’avocature, la magistrature et le journalisme d’investigation ». Elle valide donc deux masters à la Sorbonne, l’un en économie, l’autre en droit des affaires, afin de ne se fermer aucune porte et de pousser celles d’Assas, où elle obtient un MBA en droit des affaires, gestion et management, et un master 2 en droit des affaires et en économie. « J’ai pris goût à cet univers. Défendre un point de vue et résoudre des problèmes grâce à un argumentaire juridique me passionnent. » Sa formation en alternance au sein de la direction juridique de Total la fait cependant déchanter. Elle entreprend donc un nouveau master, cette fois-ci en opérations et fiscalité internationale des sociétés, qui se trouvera être la bonne formule.
En 2012, alors stagiaire fiscaliste chez Landwell & Associés, Sophie de Carné-Carnavalet est amenée à travailler sur les problématiques juridiques des hauts patrimoines. C’est la révélation. Deux ans plus tard, elle intègre le département patrimoine de STC Partners, après l’école des avocats et des stages chez Suez, UGGC Avocats et Fieldfisher. Chez Sekri Valentin Zerrouk, qu’elle rejoint en 2016, elle ajoute une corde à son arc : le corporate tax.
Au fur et à mesure des années, Sophie de Carné-Carnavalet se perfectionne sur les sujets patrimoniaux pour y consacrer finalement tout son temps. Ce qu’elle apprécie tout particulièrement ? Sa clientèle, variée, et le fait « de pouvoir nouer des relations durables avec des familles [qu’elle accompagne] parfois sur plusieurs générations ».
Une vie au-delà du travail
Celle qui se qualifie de pointilleuse surveille de près l’actualité jurisprudentielle. Apprendre de nouvelles choses fait partie de son quotidien et la passionne. Mais ce qui compte aussi pour elle, c’est d’avoir une vie épanouie à côté de son métier d’avocate. « Je suis la preuve par l’exemple qu’il est possible de conjuguer vie professionnelle avec vie personnelle, et surtout que l’on est plus performant en alliant les deux. » Cette conviction, elle la porte depuis qu’elle a participé à une interview de Christine Lagarde. L’histoire de cette avocate d’affaires et femme politique est aussi celle d’une mère de deux enfants qui a su concilier vie de famille et vie professionnelle. Sophie de Carné-Carnavalet aime explorer les relations humaines aussi bien avec ses clients que dans les livres. « Cela me permet de m’évader et de me nourrir intellectuellement et philosophiquement. Parfois, je me plonge dans des lectures difficiles, comme l’inceste, la dépression, les relations aux parents et je lis de nombreux livres sur le sujet. »
Respirer l’air frais
Les minutes passent, et le ciel vire légèrement au rose. Il est donc temps de parler de voyage et de beauté des paysages. Enfant, Sophie de Carné-Carnavalet passait ses vacances à la montagne, dans les Écrins. L’été, c’est plutôt la randonnée qu’elle pratiquait avec sa famille. L’hiver, les sports de glisse prenaient le relais. Et aujourd’hui, il semble que rien n’ait changé : « J’aime les grands espaces et j’essaie d’initier mes enfants. Quand je skie, il y a une sensation de vitesse et de liberté que je trouve incroyable, sans compter les décors qui sont magnifiques. ». Sophie de Carné-Carnavalet me décrit les paysages des terres vallonnées, sa découverte de la Patagonie, le respect de la montagne et de la nature. 17 heures sonnent. Le rose s’est emparé du ciel, le soleil décline et ses derniers rayons illuminent la tour Eiffel. Difficile de ne pas concéder qu’« en effet, elle est plus belle ». Il est temps de quitter cette avocate au parcours aussi exigeant qu’inspirant, laissant derrière nous l’image d’un équilibre patiemment construit.
Clara Lelièvre