Dans un environnement où la gestion de patrimoine devient de plus en plus complexe, la collaboration entre CGP et experts-comptables s’impose comme un levier stratégique. Entre structuration patrimoniale, optimisation fiscale et accompagnement des entrepreneurs, l’interprofessionnalité est au coeur de la création de valeur pour les clients. Retour sur une approche collaborative qui redéfinit les standards du conseil en gestion de fortune.

 

Décideurs. Comment percevez- vous la collaboration avec les experts-comptables ?

Stéphane Rudzinski. Elle est complémentaire, notamment pour nos clients entrepreneurs. Nous distinguons deux segments de clientèle : la gestion privée, pour ceux en phase de constitution de patrimoine, et celle qui concerne des entrepreneurs déjà très structurés. Sur la clientèle de chefs d’entreprise ou très fortunée, il est inconcevable de ne pas travailler main dans la main avec les experts-comptables. Ils possèdent des compétences essentielles en comptabilité et fiscalité d’entreprise. Nous intégrons systématiquement l’expert- comptable dans la relation client, lors de nos comités et souvent aussi un avocat fiscaliste. Mais la relation avec les experts-comptables dans le cadre de la gestion de nos clients se vit aussi au quotidien, car il n’est pas rare de disposer de groupes WhatsApp regroupant tous les experts autour du client.

"La relation avec les experts-comptables se vit au quotidien"

C’est un véritable travail d’équipe. Son rôle est prépondérant dans la structuration des entreprises et des holdings patrimoniales. En outre, au regard des enjeux souvent très importants, il est très précieux d’avoir des visions sous différents angles. Family Offices (CGP) et experts-comptables sont très complémentaires.

Comment voyez-vous l’évolution de la gouvernance dans les entreprises familiales ?

Cela dépend de l’âge des enfants. Certains clients souhaitent conserver totalement la main sur la gouvernance tant que leurs enfants sont jeunes. Dans ce cas, nous mettons en place des structures permettant une transmission fluide sans perte de contrôle. D’autres préfèrent impliquer leurs enfants plus tôt, en nommant par exemple un représentant familial au conseil de famille. Ce conseil se réunit alors périodiquement pour piloter la stratégie patrimoniale.

Existe-t-il une structuration type pour organiser cette gouvernance ?

La mise en place de la structuration est sur mesure. La gouvernance peut être encadrée via les statuts des holdings ou via des conventions familiales plus informelles. Parfois, il s’agit davantage d’un pacte moral qu’il faut ensuite formaliser. La structuration de la détention des actifs est essentielle pour optimiser la transmission et la fiscalité, ceci avec la précieuse aide de l’expert-comptable.

Selon vous, quels services sont-ils aujourd’hui indispensables pour les clients ?

Nos clients sont principalement des entrepreneurs (40 %-50 %), ainsi que des professions libérales, cadres supérieurs et dirigeants. Nous avons six lignes métier alignées avec les attentes des clients, de l’ingénierie patrimoniale aux placements financiers (cotés et private equity), à l’immobilier, au financement, au conseil en investissement hôtelier. Sans oublier les clubs deals avec nos clients.

Comment voyez-vous l’évolution du marché des professions financières de type CGP et MFO ?

Nous allons vers une personnalisation accrue et une relation client de long terme. Nos clients haut de gamme recherchent de la précision, de la flexibilité et un reporting en temps réel. Ils souhaitent un alignement complet avec leur conseil. Ils veulent un accompagnement complet intégrant patrimoine, placements, fiscalité et comptabilité, avec un interlocuteur unique capable de centraliser l’information, rassembler les différents intervenants et les orientations stratégiques. Nos clients sont également à la recherche de sens dans le cadre de leurs investissements et de leurs projets patrimoniaux.