Arrivé dans le milieu par hasard, Meyer Azogui est devenu, au fil des décennies, le véritable chef d’orchestre de Cyrus. Travailleur passionné, il a su transformer une petite structure née sans clients ni repères en un ensemble harmonieux, où chaque talent trouve sa place et joue sa partition. Une trajectoire guidée par trois valeurs qui le définissent : la curiosité, l’audace et la générosité.
Meyer Azogui, le bâtisseur
Après avoir passé son bac et fait des études d’économie, Meyer Azogui débute dans la gestion de patrimoine complètement par hasard. En répondant à une petite annonce parue dans Le Figaro, il intègre une société du nom de Cyrus Conseil. " Nous avons commencé à trois, recrutés par un fondateur visionnaire, Gérard Poirelle. Je suis arrivé dans un métier que je ne connaissais pas et pour lequel je n’avais pas les compétences requises. Nous n’avions pas de clients, nous sommes partis de rien. " Il faut dire qu’en 1989, quand il prend son poste, le métier n’existe pas encore, le marché n’est pas conquis, tout reste à construire.
L’homme d’un seul projet
Grâce à une approche globale, complètement révolutionnaire pour l’époque, Cyrus lui permet d’aborder toutes les branches du métier de conseiller en gestion de patrimoine. " Par empirisme, en travaillant sur des cas pratiques, en suivant des formations internes, j’ai appris le droit de la famille, la fiscalité et les marchés financiers. " Il passe également beaucoup de temps à lire des ouvrages portant sur les techniques de négociation, de gestuelle, de PNL, afin " d’intellectualiser une démarche commerciale qui ne [lui] plaisait pas ". Par tradition, culture familiale et éducation, Meyer Azogui demeure fidèle à la maison Cyrus depuis trente-sept ans. Mais son parcours au sein du groupe a beaucoup évolué. " J’ai commencé comme gérant de patrimoine et j’adorais ça : découvrir l’histoire qui se cachait derrière chaque famille, comprendre les objectifs qui parfois n’étaient pas exprimés, être un accoucheur d’âme auprès de clients qui nous accordaient leur confiance. " Aujourd’hui, président de Cyrus, il explique avoir une " vision encore plus large du métier et de la fonction des entreprises ". Durant les vingt ans de sa présidence, il assiste et contribue à toutes les transformations du métier. " À l’époque, nous n’étions que quelques dizaines de CGP, le métier n’existait pas vraiment, aujourd’hui nous sommes plus de 5 000. " Meyer Azogui a permis de faire évoluer sa société par " L’ouverture du capital aux salariés dès 2004, le partage de la création de valeur et le recrutement de managers de très bon niveau ".
Apprécier les choses pour ce qu’elles sont
Au-delà de son travail, Meyer Azogui aime découvrir de nouvelles choses sans se spécialiser pour autant, et sans prétention. Il s’agit de belles lectures, comme les ouvrages de Romain Gary ou d’Albert Cohen, de pièces d’opéra ou encore d’art. Il arpente souvent les salles des musées pour contempler des toiles et se perfectionner en histoire de la peinture. D’origine marocaine, dernier d’une fratrie de six enfants, la famille conserve une place essentielle dans sa vie. " J’accorde beaucoup d’importance à mes enfants, frères et soeurs, neveux et nièces ", confie-t-il.
Ne pas s’obstiner
Dans une industrie en perpétuel mouvement, " il n’y a pas un seul mois qui ressemble à un autre ". Cette capacité à se réinventer le captive toujours après toutes ces années. Poursuivant l’idée du proverbe de Confucius : " Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ", Meyer Azogui cultive ce feu sacré. Son parcours ne pourrait pas être reproduit, les choses ont trop changé. Selon lui, il n’existe pas, de recette miracle pour réussir dans ce milieu, si ce n’est " se donner les moyens d’atteindre des objectifs en travaillant beaucoup, et rester fidèle aux trois qualités essentielles que sont la curiosité, l’audace et la générosité ". Mais rien ne sert de s’obstiner. Profondément convaincu, Meyer Azogui déclare : " Si tu ne sens pas ce que tu fais, arrête et change de métier. " Admiré par ses pairs pour l’ensemble de sa contribution au milieu de la gestion de patrimoine, Meyer Azogui estime que ses plus grandes réussites sont d’avoir partagé la valeur avec ses salariés, ce qui, pour certains, a contribué à changer la vie de leur famille et laisser une marque dans le paysage de la gestion privée en France – une manière de faire vivre sa société au-delà de l’homme qui l’a bâtie.
Clara Lelièvre



