Fondatrice et dirigeante de Baussant Conseil, Pascale Baussant revient sur son parcours et les raisons qui l’ont poussée à s’engager pour une finance plus responsable.
Pascale Baussant, la résiliente
« Je suis une optimiste lucide. » Pascale Baussant est de celles qui voient le verre à moitié plein. Originaire de l’Aveyron, elle habite jusqu’à ses 17 ans en Algérie, rejoint Marseille pour ses études, puis quitte la province pour intégrer le cursus « gestion de patrimoine » de l’ESCP à Paris en 1995, matière qui n’en était alors qu’à ses balbutiements.
Des débuts mouvementés
Pascale Baussant ne suit pas les grandes tendances. Alors que les banques privées sont largement plébiscitées par ses camarades de classe, elle préfère rejoindre un cabinet indépendant. Ce choix atypique l’amène chez Cyrus Conseil, d’abord en tant que stagiaire puis comme salariée. Elle intègre FGR quelques années plus tard, au rang d’associée. Malheureusement, la société ne résiste pas aux crises et dépose le bilan. À 29 ans, mère d’un premier enfant avec un crédit immobilier à rembourser, Pascale Baussant perd son emploi, mais pas sa détermination. Elle transforme cette difficulté en opportunité et fonde Baussant Conseil en 2002, avec la volonté de rester libre dans la façon d’exercer le métier de CGP.
Le tournant responsable
« Il y a une dizaine d'années, j'ai ressenti le besoin et l’envie de m'engager pour transformer le cabinet et l'amener vers une voie plus responsable sur le plan sociétal. » Lorsque son fils est diagnostiqué d’une maladie rare neuro-dégénérative incurable, la vision du monde change pour cette jeune maman. Un choc, qui devient un déclic. Pascale Baussant transforme sa pratique pour placer l’éthique au cœur de son métier. Elle engage une politique RSE, mise sur l’investissement responsable, rejoint l’association 1 % pour la planète qu’elle ira jusqu’à présider … Un tournant à 360 degrés, risqué, mais qui porte ses fruits. Les clients suivent, les confrères se questionnent. Ce virage devient le moteur de cette entrepreneuse, qui ne s’arrête pas là. Parmi ses nombreux chantiers, elle s’investit sur le plan réglementaire et devient présidente de la commission « durabilité » de la CNCGP, ainsi que représentante de la profession au comité du label ISR. Son but est clair : être au cœur des discussions pour devenir acteur du changement.
Du conseil à l’écriture
« Si je n’étais pas CGP, je serais auteure ! » Pascale Baussant signe plusieurs ouvrages sur le climat, ainsi que des livres de recettes. Son plat préféré ? Tous ceux à base de légumes de saison. Elle ne délaisse pas son éthique pour autant et reverse tous ses bénéfices à plusieurs associations environnementales. Elle explique que publier est un moyen de transmettre ses convictions.
Slow living
Son engagement professionnel se double d’un art de vivre aligné sur ses valeurs. Dès qu’elle le peut, cette Aveyronnaise privilégie le retour aux sources, dans les gorges du Tarn, entourée de ses proches. Elle prévoie aussi de se rendre par le train en Andalousie avec son mari, profitant d’un périple « slow travel », pour prendre du temps à la suite du décès récent de leur fils. Malgré un rythme de travail soutenu, Pascale Baussant apprécie de se recentrer sur l’essentiel… tout en réfléchissant à son prochain projet d’écriture.
Marine Fleury



