Fondateur de The Wealth Office, cabinet de gestion de patrimoine indépendant, Camil Mikolajczack prouve que toutes les trajectoires ne sont pas dessinées à l’avance. À force de persévérance et de curiosité, il trace son propre chemin, ne regrettant aucune étape de celui-ci.
Camil Mikolajczack, l'avant-gardiste
Exit LinkedIn et autres supports sur lesquels Camil Mikolajczack a l’habitude de s’exprimer, c’est par écrans interposés qu’il se prête aux jeux des questions du portrait, rigoureusement préparées. À la fin de l’entretien, il reprend même la rédaction « vous ne m’avez pas demandé quel était mon métier rêvé dans l’enfance ! », ce à quoi il ajoute : « Avocat, le côté rhétorique, oratoire, presque scénique, m’attirait beaucoup. »
La technicité avant tout
Loin des clichés où le fils tombe dans la marmite de l’entrepreneuriat très jeune pour suivre la tradition familiale, Camil Mikolajczack ne grandit ni dans l’univers de la finance ni dans celui du chef d’entreprise. « Je suis quelqu’un d’assez ordinaire », répète-t-il avec humilité avant d’ajouter que c’est peut-être ce regard neuf qui lui a permis de questionner les codes établis. Élève appliqué mais sans idée précise de son avenir, il choisit naturellement une formation en économie-gestion à l’université de Bordeaux, attiré par la compréhension des mécanismes économiques. Mais les études, très théoriques, ne l’enthousiasment pas. Il découvre par un heureux hasard sa voie lors de la présentation du master banque-assurance. L’alternance possible dans ce parcours lui offre ce pont entre théorie et pratique qui lui manquait, et il rejoint l’IAE de Bayonne à l’automne suivant. Parallèlement, il fait ses premiers pas dans la vie active au poste de conseiller bancaire. Derrière le guichet, il découvre la dimension humaine de la finance : comprendre, écouter, résoudre. Patience et empathie rythment son quotidien, où son naturel à développer des relations s’éveille. Pourtant, Camil Mikolajczack refuse le CDI qui lui est proposé à la fin de sa formation, recherchant l’aspect plus technique de la gestion de patrimoine. Direction Paris pour un second master en gestion de patrimoine, cette fois orienté sur la technicité, le juridique et le fiscal. Il intègre BNP Paribas Banque privée en alternance, qui se transforme par la suite en CDI. Aux côtés de cadres dirigeants, Camil Mikolajczack travaille sur des sujets aussi complexes que l’actionnariat salarié ou les stock-options. Une aventure formatrice, dont il estime « avoir fait le tour » après quelques années au sein de la maison, lorsque l’exercice du métier ne correspond plus tout à fait à la vision agile et indépendante qu’il s’en fait.
La voie de l’indépendance
C’est alors qu’en mars 2023, il se lance dans le grand bain de l’entrepreneuriat et crée The Wealth Office, cabinet indépendant destiné aux patrimoines entre 250 000 et 10 000 000 d’euros, qui repense les codes du secteur à travers un modèle transparent, numérique et inspiré des family offices. Trois collaborateurs l’accompagnent dans cette aventure où il implémente dès ses débuts l’usage d’outils numériques modernes. Geek assumé, il admet que, dans une autre vie, il aurait pu travailler dans le web marketing ou le développement d’applications. Une fibre créative qu’il applique à son métier, où il conçoit des solutions patrimoniales sur mesure. Moins de trois ans après sa création, The Wealth Office accompagne près de 150 familles et gère déjà plus de 70 millions d’euros d’actifs.
Soif d’apprendre
En marge d’un agenda professionnel bien rempli, Camil Mikolajczack partage son temps entre sa famille, ses heures d’enseignement, l’écriture et ne manque pas une occasion d’apprendre. Curieux de tout, il cultive une approche presque scientifique de ses passions. Véritable épicurien dans l’âme, il aime décortiquer l’exécution d’un plat pour en comprendre sa conception, jusqu’à maîtriser la recette parfaite des pâtes carbonara « sans crème ! » découverte à Rome, devenu depuis son plat favori. « Un plat simple en apparence, mais qui, bien exécuté, crée l’effet waouh. » Une philosophie qui va au-delà de la gastronomie, puisqu’il applique cette exigence et cette quête d’excellence à son quotidien. « Ma vie tourne toujours autour de créer et améliorer des choses », explique-t-il. Dans un milieu où l’humain prime sur la compétition, il choisit de rester lui-même, jeune, certes, mais solide.
Marine Fleury



