Souleymane-Jean Galadima, l'éclectique
A l’écouter, nous devinons tout de suite un homme forgé par le goût de l’effort et le dépassement de soi. Montpelliérain d’origine, Souleymane-Jean Galadima grandit dans un environnement où la discipline n’est jamais bien loin. Son beau-père était militaire, et lui-même a intégré l’école des pupilles de l’air avec l’ambition de devenir pilote de chasse. Le rêve n’a pas duré, mais l’expérience l’a marqué à vie. Rigueur, excellence et résilience l’ont guidé tout au long de sa vie.
Détour professionnel assumé
« Je suis entré en école d’ingénieur, car j’étais doué en mathématiques et curieux de nature », raconte-t-il. Il enchaîne sur un master en supply chain, porte d’entrée à une carrière éclectique commencée chez IBM, réputé pour son expertise en lean management. Il décide ensuite de partir à l’international et rejoint le groupe Hackett, coté au Nasdaq, en tant que consultant dans l’optimisation du BFR (optimisation des créances clients, créances fournisseurs et stocks). Il découvre le monde des entreprises cotées, des sociétés détenues par des fonds d’investissement, mais, entre ses tableaux Excel et les PowerPoint, ce jeune actif finit par se rechercher une activité plus créatrice de valeur et se réoriente, quelques années plus tard, grâce à une formation en corporate finance. Le déclic ? La naissance de sa première fille, qui l’incite à réinventer sa vie professionnelle.
Initier le changement
Souleymane-Jean Galadima rejoint WiSEED, une des premières start-up de financement participatif en 2012, aventure qui lui donne le goût de l’innovation, du conseil aux investisseurs et l’attrait pour les fintechs. Après quelques années qu’il qualifie de riches en apprentissage, il poursuit son chemin chez Mata Capital, société de gestion immobilière dont les clients sont de grandes familles fortunées et des investisseurs institutionnels. Il accompagne la démocratisation de l’offre d’investissement en non-côté vers les clients particuliers, avant de créer Alphacap en 2020. Seul bémol, il aime conseillers ses clients toutes classes d’actifs confondues, en architecture ouverte et sur l’ingénierie patrimoniale. Parti de ce constat naît alors Sapians. Une joint-venture adossée à iVesta, associant le meilleur des deux mondes : l’expertise en ingénierie patrimoniale du multi-family office au service de clients aux patrimoines compris entre 1 M€ et 20 M€ accessible à partir de 100 000 €, augmentée par des outils numériques de pointe. L’idée séduit, et l’homme qui rêvait autrefois de marcher dans les pas de son beau-père peut être fier, avec son équipe, de contribuer à la démocratisation de la gestion de fortune et au financement de l’innovation.
Trouver l’équilibre
Tandis que l’entretien touche à sa fin, il insiste sur les parallèles qu’il peut faire entre sa foi, ses valeurs et son métier. Pour illustrer son rapport à l’argent, il cite le pape François dans Evangelii Gaudium « L’argent doit servir et non pas gouverner ! », en d’autres termes l’argent est une énergie qui se libère dans la création et le partage. S’il devait découvrir de nouveaux horizons, ce serait dans la transmission de savoir, mêlant partage et valeurs. « Former nos investisseurs et les nouvelles générations me nourrit énormément. » Derrière l’entrepreneur, ce père de deux enfants, marié depuis seize ans, apprécie de sortir de Paris pour redécouvrir la France en dehors de la capitale. Il cultive un équilibre de vie aligné sur ses valeurs, entre famille, amis, travail et sport, qu’il pratique soit sur les chemins de trail, soit dans les couloirs de nage, et ne renonce pas à sa passion pour l’aviation. Sa polyvalence ne s’arrête pas là, puisqu’il confie s’initier au marché de l’art depuis peu.
Marine Fleury



