Virginie Duffour, l’audacieuse
Après deux années en classe préparatoire, Virginie Duffour intègre en 2001 Neoma Business School à Rouen. Attirée par les métiers du droit, elle effectue un stage, très orienté sur la fiscalité, dans la prestigieuse banque privée Rothschild & Co. En quelques mois au sein du groupe, elle se passionne pour les stratégies juridiques et fiscales. « Ce que j’aimais, c’était jouer avec les chiffres, jouer avec le droit et comprendre la situation et la complexité d’une famille pour lui proposer le meilleur chemin à suivre. » À l’issue de son stage, Virginie Duffour est recrutée par la banque en 2005 en tant qu’ingénieure patrimoniale. Sa passion ne se tarit pas. « J’y ai passé de merveilleuses années, très intéressantes, avec beaucoup de travail et d’apprentissage. » Elle gravit les échelons, passe en parallèle un diplôme de gestion de patrimoine à Clermont-Ferrand et devient directrice.
Repartir d’une page blanche
Après quinze années consacrées à la célèbre banque privée, Virginie Duffour entame un virage. L’idée est de marquer une nouvelle étape dans sa vie professionnelle, « retrouver des défis et de l’adrénaline ». Bien qu’ayant acquis un gros bagage chez Rothschild & Co, elle est convaincue qu’il lui reste encore « beaucoup à apprendre ». Influencée et inspirée par des entrepreneurs qu’elle a conseillés, elle souhaite à son tour tracer son propre chemin. Mais les voix soufflent pourtant un vent contraire. Des proches et des amis lui martèlent ces mots : « On ne quitte pas une maison telle que Rothschild ! ». Virginie Duffour décide d’y croire. « Je savais qu’il y avait de la place pour permettre à des familles de bénéficier de conseils indépendants et haut de gamme, pour que leur patrimoine soit géré de manière harmonisée, optimisée, aussi bien sur le plan juridique et fiscal que sur les investissements. »
Avec conviction
Virginie Duffour s’entoure donc d’une équipe d’experts et fonde en 2021 son propre family office, Beelong. « J’ai fait des sacrifices, et supporté des échecs, mais j’ai toujours eu la conviction que j’avançais dans la juste direction. Je suis moi-même très impressionnée et fière de l’avancée de Beelong en seulement cinq ans, et très contente de mon choix entrepreneurial. Je ne crois pas que j’aurais pu continuer à m’épanouir et me réaliser en restant salariée dans une banque, aussi belle soit-elle. » En fondant sa propre société, Virginie Duffour cherche avant tout à donner une cohérence entre ses convictions personnelles et son parcours professionnel. Son objectif était de bâtir une structure efficace, attentive à la qualité du service rendu, tout en ayant un impact réel sur la valorisation et le déploiement d’investissements responsables. Elle voulait également offrir à ses collaborateurs un environnement propice à l’apprentissage et à l’épanouissement. « Je souhaitais apporter ma pierre à l’édifice, pour faire en sorte que la finance explore d’autres voies, celles qui ont un impact sur le monde de demain et qui protègent nos enfants. » La certification BCorp récemment obtenue vient, selon elle, reconnaître cette démarche engagée.
La famille au-delà du travail
Si son activité demande une forte implication, Virginie Duffour tient à préserver un juste équilibre entre ses responsabilités et sa vie personnelle. « Ma famille reste prioritaire. Je m’organise pour conserver des moments dédiés, indispensables pour rester lucide, efficace et alignée dans mes décisions ».
Respirer l’air marin
Pour maintenir cet équilibre, elle privilégie les activités en extérieur, notamment les sports nautiques qu’elle pratique régulièrement. Le temps passé en mer – ou en randonnée – lui permet de déconnecter rapidement et d’aborder son travail avec clarté et énergie.
Clara Lelièvre



