Sandrine Genet, la rêveuse
Sous ses airs sérieux, Sandrine Genet est une rêveuse. Le regard tourné vers le ciel, elle nous raconte qu’enfant, elle souhaitait devenir cosmonaute. Elle ira jusqu’à apprendre le russe à l’école avec l’ambition chevillée au corps de visiter, un jour, les centres d’entraînement spatiaux en Russie.
Alignement d’intérêts
Mais, loin des sphères étoilées, l’étudiante a d’autres projets. Intégrer L’Oréal en tant que cheffe de produit marketing. Elle rejoint les bancs de l’EBS (European Business School) pour entamer un cursus en commerce, un des rares parcours ouverts à l’international dans les années 1990. Diplôme en poche, elle commence sa carrière sur les chapeaux de roues et gère une équipe à seulement 23 ans chez BNP Paribas, puis prend la direction générale en Bretagne. Cette responsabilité précoce l’incite à redéfinir sa trajectoire professionnelle et à saisir l’opportunité offerte en interne de se réorienter vers la banque privée. Là-bas, elle développe des compétences aussi bien techniques qu’humaines, tout en découvrant le rapport des Français à l’argent. Cependant, cette immersion révèle aussi ses limites. Sandrine Genet ressent le désalignement d’intérêt entre le client et l’institution où l’architecture ouverte lui manque. Elle réalise, à l’aune du tragique 11 septembre 2001, qu’exercer la gestion de patrimoine au sein d’une banque ne lui donne pas accès à la liberté à laquelle elle aspire. La banquière privée démissionne après dix années passées chez BNP Paribas, pour créer un cabinet à son image.
Solidité et transparence
En octobre 2006 naît Carat Capital. Le nom, qu’elle trouve entre deux stations de métro, fait référence à la solidité et la transparence du diamant, deux exigences sur lesquelles repose son projet entrepreneurial. Elle cofonde la société avec son mari autour d’une idée simple : remettre le conseil indépendant au centre de la relation. « Le monde de la gestion de patrimoine était très différent d’aujourd’hui. Le statut CIF n’existait pas, nous pratiquions un métier plus artisanal, moins régulé, peut-être un peu plus fun, comme on dit qu’être jeune dans les années 1980 était plus sympa. » Plus libre, moins professionnalisé, mais tout aussi stimulant, le métier l’anime, et ce, même vingt ans après. De son parcours, Sandrine Genet n’oublie pas les personnes l’ayant accompagnée. Même si, parfois, elle s’est sentie seule, elle évoque son premier patron, un manager exigeant, parfois dur, mais formateur. « J’entrais au bureau à 8 heures, je repartais à 20 heures, alors que tout le monde pensait qu’on ne faisait rien en banque », se remémore- t-elle en souriant. Malgré tout, une frustration subsiste, celle de l’immatérialité dans son métier, notion qu’elle appréciait dans le marketing, autour d’un produit concret, palpable. Pour autant, elle n’a jamais regretté une seule seconde de son parcours, aussi enrichissant que passionnant.
Soif de découvrir
« Lire est une nécessité. » Férue de lecture, Sandrine Genet aime se plonger dans les grands classiques littéraires. Parmi ses préférés, elle cite Aurélien d’Aragon. Amatrice de photographie et de sport, elle revendique une soif de connaissances insatiable. « Ce qui m’importe le plus aujourd’hui, c’est de rester dans la découverte, dans l’intérêt pour l’autre, sans jamais penser que nous avons toujours raison. » Elle apprend également beaucoup auprès de ses trois enfants, dont elle admire le rapport au monde : « Ils sont plus libres, plus courageux. Ils assument davantage leurs envies. » Foncièrement attachée à ses rêves, elle n’en délaisse aucun. Sa prochaine aventure ? Retracer l’histoire de son grand-père lorsqu’il commandait l’escadrille Normandie Niémen durant la Seconde Guerre mondiale.
Marine Fleury



