Nommée directrice générale en charge des opérations d’Equitim au printemps 2024, Amel Bouazza revient sur son parcours atypique, aussi inspirant que surprenant. Portrait.
Amel Bouazza, l’outsider
À la question « que feriez-vous si vous ne travailliez pas dans la finance ? », Amel Bouazza répond naturellement qu’elle cuisinerait. Pour ses proches, pour elle. Pour donner, après avoir reçu tout au long de sa carrière. Une philosophie qui ne place pas au second plan son implication ou son professionnalisme, mais les sublime.
Du pain sur la planche
Loin d’avoir suivi un parcours académique classique, Amel Bouazza entame un BTS en alternance avec une idée claire : mettre le plus tôt possible la théorie en pratique. Elle met un pied dans le monde professionnel en 2004 chez Cofigest, en parallèle de ses études, puis s’y voit proposer un CDI deux ans plus tard. Elle y découvre le métier de gestionnaire back-office et assimile le parcours de souscription client de A à Z, avant d’être débauchée par un responsable de Primonial REIM. Elle hésite, mais finit par accepter ce nouveau défi. Amel Bouazza rejoint les équipes de la société de gestion immobilière en 2010, en qualité de responsable back-office. Elle s’approprie alors l’ensemble de la chaîne opérationnelle, du parcours de souscription aux enjeux réglementaires.
Changement de décor
Après près de dix ans dans l’univers des SCPI, Amel Bouazza choisit de bousculer ses acquis. En 2014, elle quitte l’immobilier pour le private equity. Elle postule chez 123 Investment Managers, « la première société de gestion ressortie de mes recherches Google », s’amuse-t-elle. Un pari gagnant, qui nécessite de repartir de zéro, aux portes d’un tout nouveau monde à découvrir. Alors que l’ère du tout papier n’est pas encore achevée, l’idée impulse la création d’un extranet. Sa prise d’initiatives et son humilité lui font très vite gravir les échelons, jusqu’au poste de cheffe de projets, où elle est chargée de développer la plateforme de souscription en ligne, intermédiée et en direct. Un chantier en avance sur son temps, à l’heure où la démocratisation du private equity ne fait pas encore la une des médias. Celle qui ne jure que par la valeur travail et la méritocratie se voit proposer de s’associer au capital de la société de gestion. Une marque de reconnaissance qui la touche, elle qui était arrivée quelques années auparavant en qualité de chargée de clientèle.
Un tournant majeur
Le succès de cette professionnelle ne passe pas inaperçu. Fin 2023, Amel Bouazza est contactée une première fois par un chasseur de têtes, auquel elle ne répond pas. La seconde fois, elle est prête à changer d’air : un événement tragique est venu bouleverser son quotidien et l’a amenée à prendre un nouveau départ. Elle accepte l’entretien, une rencontre qui bouleversera ses perspectives. « Ils recherchaient une personnalité plutôt qu’une expérience. » Celle pour qui le dur labeur avait jusqu’ici primé entre dans un univers qui tourne autour de l’humain. Le coup de foudre professionnel fait son œuvre, et Amel Bouazza intègre Equitim en mai 2024, prenant la relève de la direction générale du courtier en produits structurés. Et là encore, elle aborde ce nouveau défi avec le même état d’esprit : se réinventer à chaque étape. Aujourd’hui, elle veille à la rigueur opérationnelle et à la sécurisation de l’ensemble de la chaîne de valeur d’Equitim. En lien étroit avec les équipes de direction, elle joue un rôle managérial central auprès de quarante collaborateurs, convaincue que la performance durable repose sur la rigueur et le collectif.
Les petits plats dans les grands
S’il n’y a qu’une chose à retenir d’Amel Bouazza, c’est qu’elle aime être au four et au moulin, au propre comme au figuré. Loin des chiffres, elle se ressource derrière les fourneaux, comme en témoigne la publication de sa recette de pastilla de poisson dans le journal de Saint-Ouen. Une façon de saupoudrer son quotidien d’un soupçon de voyage – de l’Afrique à l’Asie –, et de patienter jusqu’aux prochaines vacances, qu’elle prévoit en Polynésie.
Dans un univers financier où les montants peuvent rapidement devenir abstraits, cette apprentie cheffe garde les pieds sur Terre grâce au bénévolat, qui tient une place importante dans son cœur, et aux personnes qui lui ont montré la voie. Elle mentionne sa mère, qui lui a appris les vertus du travail et de l’humilité, deux valeurs qui la suivent depuis toujours.
Marine Fleury



