Alexandre Louis et Florian Blouctet (ACFIN Partners) : " Croître, financer, réussir "
Décideurs. Lorsque nous parlons de croissance d’entreprise, de quoi s’agit-il réellement ?
La croissance ne se mesure pas qu’au chiffre d’affaires. C’est un changement de dimension, une évolution du modèle économique, de l’organisation et parfois même du rôle du dirigeant. Croître, c’est décider d’aller plus loin. Chez ACFIN Partners, nous distinguons la croissance organique – développer l’activité existante – et la croissance externe, souvent plus rapide, via l’acquisition ou l’intégration d’une structure. Dans les deux cas, l’enjeu n’est pas d’aller vite, mais d’aller juste.
Quel est votre rôle dans cette étape ?
Nous intervenons comme partenaires de croissance. Notre mission est de transformer l’idée en trajectoire chiffrée, financée et pilotée. Aux côtés d’Alexandre Louis, nous sécurisons les décisions clés : audit, business plan, structuration financière, négociation bancaire et investisseurs, pilotage post-opération. L’objectif est simple : libérer le dirigeant de la charge financière et technique pour qu’il se concentre sur l’avenir – l’esprit libre pour entreprendre.
Dans le cadre d’une acquisition, que faut-il anticiper ?
Tout se joue en amont. L’acquisition est une opportunité, mais peut devenir un risque si elle est mal évaluée. Nous analysons la performance réelle, la qualité des clients, la dépendance au dirigeant, les risques cachés et la compatibilité culturelle.
« L’acquisition est une opportunité, mais peut devenir un risque si elle est mal évaluée »
Vient ensuite le montage financier : dette bancaire, financement mixte, earnout, subventions… Chez ACFIN Partners, nous construisons des montages sur mesure, pensés pour sécuriser l’opération tout en maximisant la création de valeur.
Est-ce similaire pour un LBO ou une cession ?
Les mécanismes se rejoignent, mais les objectifs diffèrent. Un LBO consiste à financer le rachat d’une entreprise en s’appuyant sur sa performance future, ce qui suppose de bâtir un business plan solide et d’avoir une forte visibilité sur les flux. À l’inverse, une cession vise à préparer l’entreprise pour la transmettre au meilleur prix, ce qui implique de l’organiser, de documenter ses processus et de valoriser ses atouts. Dans tous les cas, anticiper augmente la valeur, réduit le risque et améliore la négociation bancaire.
Quels sont les leviers financiers les plus adaptés pour accélérer ?
La dette bancaire reste un levier puissant pour se développer sans dilution, surtout sur des activités prévisibles. Les fonds d’investissement permettent d’aller plus vite, mais impliquent un partage du capital.
« Notre rôle consiste aussi à indiquer quand ce n’est pas le bon moment pour agir »
Les dispositifs publics sont trop souvent oubliés alors qu’ils peuvent catalyser un projet. La meilleure solution est rarement unique : le bon montage est celui qui sert la stratégie, pas l’inverse.
Ces opérations sont-elles adaptées à toutes les entreprises ?
Ces opérations deviennent pertinentes dès lors que l’activité est rentable, maîtrisée et bien pilotée. Avant d’engager une démarche, nous vérifions trois éléments clés : la viabilité économique, la solidité de l’organisation interne et la clarté de la vision du dirigeant. Une entreprise solide peut croître rapidement, tandis qu’une entreprise fragile ne fait qu’accroître ses vulnérabilités. Notre rôle consiste aussi à indiquer quand ce n’est pas le bon moment pour agir, ou à préparer le terrain afin qu’il le devienne.
Travaillez-vous avec d’autres experts ?
Oui, systématiquement. Une opération est un travail collectif. Nous orchestrons la collaboration avec avocats, banquiers, fonds, notaires, experts sectoriels ou RH. Notre force est de coordonner, fluidifier et sécuriser l’ensemble du process, afin que le chef d’entreprise reste concentré sur la vision, non sur les obstacles.
Un conseil final pour un dirigeant en phase de croissance ?
Passer du projet à la stratégie. Se faire accompagner tôt, modéliser plusieurs scénarios, challenger ses hypothèses et piloter le cash. Une croissance réussie n’est pas un hasard : c’est une construction.



