Vingt ans après son introduction dans le droit français, la fiducie reste un outil peu utilisé faute d’être bien connu du grand public. Initialement conçue pour concurrencer le trust anglo-saxon, elle s’impose progressivement dans l’arsenal des conseils comme un instrument de gestion et de garantie. 


« La fiducie est formidable pour gérer et pour garantir les actifs », explique Jonathan Bensaid, associé chez Bensaid Avocats. Protection d’actifs professionnels, structuration de holdings familiales, sûretés sur des financements complexes : l’outil répond à des besoins concrets, portés par une clientèle de plus en plus mobile et des situations patrimoniales toujours plus sophistiquées. « Contrairement au trust anglo-saxon, il n’est pas possible de transmettre directement un patrimoine à travers une fiducie », précise Gwenaelle Laizé, responsable de l’ingénierie patrimoniale chez Vigifinance Family Office. Sa mise en place repose sur une donation ou un legs assorti d’une obligation imposant au bénéficiaire de placer les biens reçus dans une fiducie. Cet instrument révèle également tout son potentiel dans les structurations de gouvernance familiale, en définissant les rôles et pouvoirs de chacun ainsi que les modalités de prise de décision au sein du groupe. Si la fiducie émerge timidement, portée par un cadre réglementaire plus strict que celui du trust, elle a déjà fait ses preuves auprès des professionnels du patrimoine. Ce grand angle revient sur les atouts et les usages de cet instrument encore méconnu. 

Entretien avec Gwenaelle Laizé, Vigifinance Family Office

Entretien avec Jonathan Bensaid et François Ouairy, Bensaid Avocats

Entretien avec Sylvain Theux, Doxans 

Fiducie et vulnérabilité : un outil patrimonial encore sous‑utilisé