Alors que nous entamons le second trimestre 2025, l’économie mondiale traverse une période de transition marquée par des incertitudes aux États-Unis, une dynamique de relance en Europe et des ajustements stratégiques en Chine. Dans ce contexte mouvant, comment les investisseurs peuvent-ils adapter leurs portefeuilles ? Réponse avec Marc Favard, directeur général de Promepar Asset Management.
Décideurs. Le premier trimestre de 2025 prend fin. Quelles tendances notez-vous ? Marc Favard. L’un des éléments marquants de ce début d’année est le plan de relance budgétaire mis en place par l’Allemagne. C’est un tournant. Après des années d’orthodoxie budgétaire, l’heure est à la prise de conscience quant à la nécessité d’investir pour soutenir la croissance. L’Europe se positionne donc différemment par rapport aux États-Unis. Alors que la croissance américaine montre des signes d’atterrissage et que les marchés connaissent une correction, le Vieux Continent devrait bénéficier d’un environnement plus favorable. L’impulsion budgétaire en Allemagne, les initiatives européennes de compétitivité et les investissements dans les infrastructures sont autant de signaux positifs qui pourraient renforcer la croissance dans la zone euro en 2025 et surtout à partir de 2026. Quels sont les secteurs qui bénéficient le plus de cette dynamique ? Les banques, pour l’instant, profitent d’une courbe des taux et d’un environnement favorable. Ensuite, le secteur de la défense connaît un fort regain d’intérêt en raison de l’augmentation des budgets militaires en Europe. Au-delà de ces deux secteurs, l’Europe doit accélérer l’innovation, trouver de nouveaux moteurs de croissance. Elle doit faire baisser les prix élevés de l’énergie et réduire certaines dépendances dans un monde où la géopolitique est moins stable. Il ne faudra pas négliger les valeurs cycliques, qui profitent directement de la relance économique. Les matériaux et la construction, de l’acier ou encore certaines industries manufacturières devraient tirer leur épingle du jeu. L’intégration verticale de l’IA va révolutionner plusieurs industries dans lesquelles l’Europe est spécialisée. Les thématiques autour de la décarbonation de l’énergie et de l’industrie, des technologies numériques et de l’électrification seront également à favoriser. Comment interpréter la correction des marchés américains ? Il faut replacer cette correction dans son contexte. Depuis plusieurs années, la Bourse américaine bénéficie d’une dynamique très forte, portée par des entreprises technologiques et une économie robuste. Mais aujourd’hui, plusieurs éléments viennent perturber ce scénario : un ralentissement de la croissance, une incertitude politique liée à l’administration Trump et des indicateurs macroéconomiques plus hésitants. Les indices de confiance, appelés les "indicateurs soft", montrent des signes de retournement, et la volatilité a augmenté. Cela ne signifie pas que la situation est critique, mais nous sommes dans une phase d’ajustement. Les corrections de marché de l’ordre de 10 à 12 % sont tout à fait normales dans un cycle économique. En revanche, si elle venait à s’accentuer, cette baisse pourrait être un problème. Malgré les hésitations engendrées par la politique de Donald Trump, pouvons-nous espérer une stabilisation des marchés ? Le second mandat de Trump s’annonce différent du premier, notamment parce qu’il intervient dans un contexte économique et budgétaire plus fragile, et avec une incertitude autour des tarifs douaniers et des relations commerciales internationales. Ses décisions peuvent avoir un impact direct sur l’inflation et la croissance. Mais certains éléments sont plus rassurants, tels que la baisse des taux d’intérêt américains, la résilience de l’économie américaine, avec un marché de l’emploi solide et des secteurs technologiques dynamiques. Les investisseurs doivent naviguer avec prudence. La volatilité restera élevée et la diversification, encore une fois, est clé pour limiter les risques. Qu’en est-il de la Chine ? Après des années de croissance tirée par les exportations et l’immobilier, Pékin met désormais l’accent sur la consommation intérieure et l’innovation. L’intelligence artificielle, l’automobile électrique et la tech sont devenues des priorités pour le pays. Les marchés chinois sont sous-évalués par rapport aux États-Unis et à l’Europe, ce qui peut créer des dynamiques favorables pour les investisseurs. Plus globalement, quelles sont les perspectives à venir pour le marché immobilier ? Aux États-Unis, le secteur immobilier a souffert de la remontée des taux d’intérêt. Cependant, avec la baisse progressive des taux, un léger rebond est à espérer. En Chine, nous avons sans doute atteint un point bas, mais la reprise sera progressive et dépendra des mesures de soutien mises en place. Quant à l’Europe, la situation est plus contrastée : si la construction et les infrastructures bénéficient des plans de relance, le marché immobilier résidentiel reste pénalisé par des taux relativement élevés. Dans ce contexte, comment les investisseurs doivent-ils adapter leur allocation d’actifs ? La diversification est plus que jamais essentielle, car il serait risqué de concentrer ses investissements uniquement sur les marchés américains avec les incertitudes actuelles. L’Europe, avec son rebond économique et ses valorisations plus attractives, constitue une intéressante option alternative. Par ailleurs, la Chine continue d’être un acteur important malgré les défis structurels que le pays rencontre. Son modèle économique évolue, avec une volonté de stimuler la consommation intérieure et d’investir massivement dans les nouvelles technologies. Cela crée des dynamiques, notamment dans les secteurs de l’innovation et de l’intelligence artificielle. Sur le plan obligataire, la baisse progressive des taux en Europe ouvre aussi des perspectives. Plutôt que de laisser des liquidités dormir sur des placements monétaires, il peut être judicieux d’envisager des obligations à échéance intermédiaire, entre deux et quatre ans, qui offrent des rendements intéressants tout en limitant l’exposition à la volatilité des taux. Pour conclure, quelle place accorder au non-coté ? Le private equity a traversé une année plus difficile en raison de la remontée des taux qui a pesé sur les valorisations et le financement des entreprises, bien que certaines perspectives restent intéressantes, notamment dans le secteur technologique et les entreprises de taille intermédiaire. À court terme, il peut être plus pertinent de privilégier les small et mid caps cotées. L’environnement de marché actuel favorise un retour progressif vers ces actifs, qui avaient été délaissés ces dernières années. Nous sommes également favorables sur la dette privée.

Propos recueillis par Marine Fleury

Vient de paraître

Autopromo site Module Guide Immo 300

GUIDE ET CLASSEMENTS

Autopromo site Module Guide Immo 300

Prochains rendez-vous

8 juillet 2026
Sommet du Patrimoine et de la Performance
La rencontre des professionnels de la gestion de patrimoine
CONFÉRENCES ● DÉJEUNER D'AFFAIRES ● REMISE DE PRIX ● COCKTAIL
 
18 janvier 2027
Grand Forum du Patrimoine
Le rendez-vous privilégié pour l’écosystème patrimonial
CONFÉRENCES ● DÉJEUNER VIP ● REMISE DE PRIX ● DÎNER DE GALA

Newsletter Patrimoine

Pour recevoir la newsletter de Décideurs Patrimoine, merci de renseigner votre mail

{emailcloak=off}