Il n’a pas été si simple pour la classe d’actifs de se frayer un chemin jusqu’aux portefeuilles des investisseurs privés. Aujourd’hui plébiscitée par la majorité des conseillers, elle révèle ses atouts, en témoigne la 2e édition de l’Observatoire des produits structurés menée par IRBIS.
L’avènement des produits structurés
Lancée en 2021 avec pour objectif de démocratiser l’utilisation des produits structurés, l’étude dresse un état des lieux du marché, expliquant l’attrait des conseillers en gestion de patrimoine pour cette classe d’actifs.
Compétition et innovation
"Performances excellentes sur les dix dernières années, niveau de personnalisation de l’offre satisfaisant et simplification de la classe d’actifs grâce à des mécanismes parfaitement identifiés par les investisseurs et leurs conseils font foi de l’intégration des produits structurés à la hausse au sein des allocations des épargnants." explique Clément Lemaire, directeur général chez IRBIS. D’après l’enquête menée par la société, 70 % des CGP travaillent avec des brokers, et la classe d’actifs domine leurs portefeuilles à hauteur de 34 %, contre 0 % en 2021.
Si, en 2010, ces produits étaient accessibles à partir d’un million d’euros, la multiplication des acteurs sur le marché, avec l’arrivée des banques américaines en France, ainsi que l’éducation financière ont levé les barrières à l’entrée pour accéder à ces offres à partir de 200 000 euros. Rapidité, qualité et compétitivité ont eu raison des émetteurs français, les incitant alors à s’aligner sur leurs pairs d’outre-Atlantique.
Le débat autour des frais
"Chaque distributeur a sa politique de frais, mais tout est transparent." Quelques zones d’ombre entourent les produits structurés, notamment chez les conseillers dont la question des frais reste floue. Si Clément Lemaire explique que tout distributeur a l’obligation de communiquer sur ces chiffres et que certaines règles ont été créées par les assureurs pour maîtriser la question des frais, il admet que les courtiers ont encore un travail de fond à réaliser afin de dissiper ces doutes. « Nous oublions souvent que c’est la première classe d’actifs à répondre aux exigences de transparence de coûts dans les KIDs », rappelle-t-il.
Braver les tempêtes
"Nous commercialisons des produits structurés sur une durée assez longue, entre huit et dix ans en moyenne." Ainsi, la protection du capital sur les produits non garantis, contractuelle, est valable à l’échéance. Malgré des cycles de crises de plus en plus rapprochés, le client peut récupérer son capital investi. Par ailleurs, les produits structurés s’affranchissent de la question du point d’entrée, ô combien déterminante pour les investisseurs, puisque, dans la majorité des cas, les actifs génèrent de la performance dans des scénarios de stabilité, voire de baisse de marché. En résumé, c’est une bonne parade pour traverser les aléas économiques. Enfin, grâce à la valeur liquidative quotidienne de ces solutions clés en main, le client a la possibilité de sortir du contrat à n’importe quel moment avant la date d’échéance.
Même si la classe d’actifs n’est pas encore à maturité, les fondements sont solides. Les sous-jacents à dividende fixe émergent peu à peu, délestant les émetteurs d’une partie du risque sur la fabrication du produit et ouvrant la voie à l’arrivée des thématiques jusqu’ici non adressées par la classe d’actifs. De nouvelles offres alliant performance et durabilité voient le jour, notamment sur l’ISR, répondant ainsi aux clients les plus engagés. Performance, sécurité et responsabilité, qui dit mieux ?
Marine Fleury



