L'année 2020 a marqué un tournant pour l’Europe. La crise sanitaire a d’abord remis au premier plan la question de la souveraineté, notamment dans des secteurs jugés stratégiques tels que les médicaments. La guerre en Ukraine est ensuite venue parachever ce retour au réel, en réintroduisant brutalement les enjeux de souveraineté énergétique, de sécurité des approvisionnements et de réarmement, dans un contexte géopolitique devenu structurellement instable. Les conflits se multiplient, les équilibres se fragilisent, et l’illusion d’une mondialisation pacifiée s’est définitivement évanouie.

L’Europe se mobilise

Face à ces bouleversements, l’Europe n’est pas restée spectatrice. Le plan de relance NextGenerationEU, les mesures de rétorsion contre la Russie, les instruments anti-coercition, l’évolution de la fiscalité, ou encore la relance budgétaire allemande en sont autant d’illustrations. Ces dispositifs ont permis à l’Union de traverser des années marquées par un dollar fort, une inflation brutale et un durcissement des conditions financières.
Dans ce contexte, les actions européennes ont progressivement retrouvé des couleurs. L’année 2025 a ainsi signé une très belle année, portée par plusieurs facteurs convergents : un socle industriel robuste, une réglementation européenne incitative, la baisse des taux directeurs et la glissade du dollar. Autant d’éléments qui renforcent l’attractivité des marchés européens et laissent entrevoir des perspectives de croissance favorables à moyen terme.

Un billard à trois bandes

Pour autant, le parcours des marchés européens est loin d’être un long fleuve tranquille. Outre-Atlantique, les décisions politiques se distinguent par leur imprévisibilité, parfois déroutante. Depuis l’Inflation Reduction Act de 2022, les mesures de soutien à l’économie se sont multipliées et les résultats sont tangibles. Leaders sur des thématiques comme l’intelligence artificielle ou les semi-conducteurs, les États-Unis conservent une longueur d’avance.
Mais la concurrence ne se limite pas au duel transatlantique. Plus discrets, mais tout aussi redoutables, les marchés émergents continuent de gagner du terrain. La Chine, en particulier, monte en puissance sur des secteurs historiquement dominés par l’Europe, tels que le luxe ou l’automobile. Si les plans de relance y sont plus mesurés, ces économies affichent encore des taux de croissance soutenus et bénéficient d’un positionnement stratégique dans les chaînes de valeur mondiales. De quoi attirer durablement les capitaux internationaux.

Diversifier sans renoncer

Dans ce contexte concurrentiel, la question n’est plus tant de choisir une zone géographique que de trouver la bonne combinaison. Au sein de ces stratégies, les actions conservent une place centrale. Elles répondent aussi bien aux exigences des investisseurs institutionnels – en quête de rendement réel sur le long terme – qu’aux besoins des investisseurs retails, soucieux de préserver leur couple rendement-risque.
Il est alors assez naturel que les investisseurs optent tour à tour pour la gestion active ou la gestion passive. Les ETF offrent une exposition simple, peu coûteuse et efficace aux grands indices, et constituent souvent le socle des allocations. À l’inverse, la gestion active conserve en Europe un terrain d’expression privilégié, grâce à une dispersion plus marquée des performances et à un univers de valeurs moins concentré qu’aux États-Unis.
Le choix des tailles de capitalisation constitue un autre axe structurant. Les grandes apportent liquidité, visibilité et dividendes réguliers, tandis que les moyennes et petites valeurs européennes, souvent sous-représentées dans les indices mondiaux, offrent des perspectives de croissance intéressantes – au prix, certes, d’une volatilité plus élevée.

Dans ce paysage en recomposition, les actions européennes apparaissent ainsi moins comme une option alternative que comme une composante essentielle d’une allocation équilibrée, à condition d’en accepter la complexité… et d’en exploiter les spécificités. Bertrand Merveille, directeur général de BDL CM, conclue : « la réglementation européenne se complexifiant depuis 20 ans – notamment avec le projet de la Retail Investment Strategy européenne – la seconde partie de ce dossier s’articule autour de l’ évolution du marché des CGP marqué par une consolidation des grands acteurs et la multiplication de nombreux nouveaux cabinets ; l’ impact de la réglementation sur les investisseurs institutionnels et enfin, l’ intérêt de se tourner vers la gestion active face à la vague des ETF. »

Perspectives 2026 : le marché européen en mouvement

Entretien avec Bertrand Merveille et Laurent Chaudeurge, BDL Capital Management ;
Entretien avec Marc Terras, Rothschild & Co Asset Management ;
Entretien avec Nicolas Moussavi, Société Générale Investment Solutions ; 
Entretien avec Anthony Cros , Cros Investing et Gérald Grant, Fundesys ; 
Entretien avec Louis Pestel, Insti7

Perspectives 2026 : un cadre réglementaire en mouvement
Entretien avec Florent Zaffaroni, BNP Paribas ;
Entretien avec Baptiste Sierra, Groupe Forward ; 
Entretien avec Yves Mazin, CNCGP ;
Entretien avec Sébastien Labens, Groupe Synalp et Benjamin Magny, Groupe Orion.

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