Anthony Calci (Calci Patrimoine) : "Fuir les effets de mode en gestion de patrimoine est un conseil judicieux"
Décideurs. Quelle est l’histoire de votre cabinet et quelles sont vos expertises ?
Anthony Calci. Créé en 2011, Calci Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine à taille humaine situé à Paris 8e. Nous sommes membre du groupement Magnacarta, ce qui permet à mon associé Aude Durand et à moi-même d’être épaulés en permanence par une vingtaine de collaborateurs mutualisés par les 70 cabinets du groupement. Nous proposons à notre clientèle, composée principalement de chefs d’entreprise et de hauts cadres dirigeants (y compris expatriés à l’international), des conseils sur mesure en stratégie d’allocation d’actifs sur la plupart des placements (assurance vie en France et au Luxembourg notamment pour les expatriés, PER, capital-investissement, épargne salariale, immobilier locatif nu et meublé, nue-propriété, SCPI ou encore Bitcoin et crypto-actifs).
Sur quels produits vous distinguez-vous de la concurrence ?
Nous nous démarquons notamment des autres cabinets de gestion de patrimoine sur les crypto-actifs pour lesquels nous avons une conviction très forte. Pour ce faire, nous proposons notamment à nos clients d’investir, via des ETF ou fonds actions exposés au secteur, et/ou via des partenaires disposant de l’agrément de Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN), sur des paniers de cryptomonnaies, dont le Bitcoin, afin de s’exposer sur cette classe d’actifs de manière simple et sécurisée. Mais nous nous distinguons également de nos confrères en proposant une large gamme de fonds non cotés sur les infrastructures (en assurance-vie, ou en direct), investis directement dans des actifs monopolistiques indispensables au fonctionnement de notre société : énergie, transport, eau, réseaux… qui sont immunisés contre le risque de récession économique et le retour de l’inflation.
Certains de vos clients sont expatriés, pouvez-vous nous en dire plus sur vos services en la matière ?
En effet, 20 % de nos clients sont des familles fortunées ou des cadres dirigeants expatriés hors de France (en Suisse, Belgique, Singapour, Royaume-Uni…). Nous les accompagnons en leur proposant des services sur mesure pour optimiser la gestion de leur patrimoine financier et immobilier, en tenant compte de leur mobilité internationale. De plus, nous sommes également en mesure d’accompagner les résidents fiscaux français souhaitant s’installer à l’étranger. Les demandes de nos clients en la matière sont de plus en plus fréquentes, compte tenu du durcissement persistant de la fiscalité, avec (en plus de la CEHR, contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) notamment l’établissement d’une contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) codifiée à l’article 224 du Code général des impôts (CGI), ou encore l’exit tax et l’instauration probable d’une taxe minimum sur la valeur du patrimoine des particuliers. Dans ce contexte, nous avons développé des services pour aider certains de nos clients à s’installer à l’étranger, en particulier dans des pays comme l’Italie, le Portugal, la Belgique et la Suisse. D’ailleurs, pour des raisons familiales personnelles, nous avons fait de l’expatriation en Suisse une spécialité. Pour ce faire, nous travaillons soit avec des experts locaux à l’étranger, soit avec des cabinets d’avocats fiscalistes internationaux au nom de nos clients afin de les aider à déterminer le meilleur choix possible selon leur situation.
Quels conseils donner à nos lecteurs en matière de gestion de patrimoine ?
Avant tout, je conseille de fuir les effets de mode en investissement, surtout dans un contexte où l’environnement économique et financier évolue rapidement, et parfois brusquement, comme le montrent les décisions du président américain Donald Trump sur les droits de douane. Il faut donc éviter le bruit médiatique et se tenir éloigné des thématiques d’investissement potentiellement surévaluées à court terme, et savoir attendre un moment plus propice pour les intégrer à son patrimoine, comme peut-être la défense européenne actuellement, en raison de leurs valorisations que je juge actuellement excessives. Dans le même temps, d’autres actifs, comme l’immobilier, les entreprises de la transition climatique, les emprunts d’État américains ou encore les fonds immobiliers dont les fonds de capital-investissement, les SCI et les SCPI ont souffert ces dernières années, ce qui offre sans doute des opportunités d’investissement intéressantes.
Pour résumer, que conseillez-vous de faire avant d’investir ?
L’idéal est de pouvoir investir sur des actifs de qualité, avec des caractéristiques qui correspondent à l’investisseur, avec un bon prix d’entrée. Et aussi bien la dette américaine que l’immobilier gardent leurs qualités intrinsèques, même s’ils sont en difficulté actuellement. Dans la même logique, il peut être intéressant de s’intéresser à nouveau aux fonds de capital-investissement spécialisés sur la transition climatique (décarbonation, énergie, recyclage, adaptation…), car leur valorisation devient attractive. À titre d’exemple, les entreprises du secteur se payent désormais 6,5 fois leur Ebitda contre une valeur moyenne historique de 10, voire plus sur les sociétés technologiques, positionnées sur l’intelligence artificielle, par exemple.
Pensez-vous qu’il est toujours judicieux d’investir sur l’or et les crypto-actifs ?
Compte tenu des prix atteints par le métal jaune, à plus de 3 300 dollars l’once, j’estime que s’il s’agit d’un très bon actif mais, à ces niveaux, il est peut-être judicieux de prendre ses profits et d’en vendre une partie. Pour les crypto-actifs, il convient de distinguer ceux autres que Bitcoin, comme Ethereum, Solana, Chainlnk ou XRP.
"L’idéal est de pouvoir investir sur des actifs de qualité avec un bon prix d’entrée"
Plusieurs thématiques sont également en train de se développer à grande vitesse : les stablecoins, la tokenisation des actifs financiers et les entreprises qui développent leur bilan en acquérant du Bitcoin, telles que Strategy aux Etats-Unis, Metaplanet au Japon et The Blockchain Groupe en Europe. En ce qui concerne le Bitcoin, nous sommes extrêmement positifs à long terme, car il s’agit en quelque sorte d’un or digital. Même s’il est sans doute un peu tard pour acheter aux cours actuels, je conseille à nos clients qui en possèdent de les conserver et de profiter de la forte volatilité de son cours pour se positionner, éventuellement à bon compte, dans les mois à venir en cas de trou d’air. En effet, à long terme, nous pensons qu’un bitcoin pourrait atteindre le prix d’un million de dollars à un horizon 10 ans. Nous conseillons d’ailleurs à nos clients de détenir entre 1 et 10 % de leur patrimoine investi en Bitcoin, et idéalement de détenir au minimum un bitcoin dans leur patrimoine. En ce qui concerne les altcoins, j’estime que leur faible valorisation actuelle s’explique par un manque de compréhension de ces actifs de la part des investisseurs. Mais, lorsqu’ils prendront connaissance de leur potentiel disruptif technologique, ces altcoins devraient disposer d’une croissance phénoménale. Comme il est difficile de prévoir quels altcoins réussiront à tirer leur épingle du jeu, nous conseillons à nos clients d’investir via des indices diversifiés composés des principaux altcoins, ou d’investir dans les actions cotées spécialisées, telles que Coinbase ou Circle, par des ETF ou des fonds diversifiés.
Un dernier mot pour finir ?
Comme la plupart de mes clients, je suis inquiet de la situation financière de notre pays, la France, qui nuit à son attractivité, sans parler de la pression fiscale qui ne fait qu’augmenter alors qu’elle devrait drastiquement diminuer pour conserver, et de nouveau attirer, nos talents et les plus fortunés. C’est pourquoi, tant que la France ne change pas ce logiciel qui nous fait perdre (plus de dette, plus de réglementation, plus de dépense, plus d’impôt), nous conseillons à nos clients de préparer une éventuelle expatriation, notamment en travaillant ensemble sur le choix d’un pays cible d’installation, et en diversifiant ses actifs à l’international et ses revenus hors de France.



